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FGPT vs Tunisie Telecom ou comment détruire l’économie tunisienne

La FGPT, comme TunisieNumerique vous l’annonçait (tunisie-telecom-et-jrad-continue), a organisé un sit-in devant le ministère de l’Industrie et de la Technologie, réclamant la suspension effective des contrats des 63 cadres contractuels. Une délégation de la Fédération générale de la Poste et des Télécommunications a eu un entretien avec M. Abdelaziz Rassâa, ministre de l’Industrie et de la Technologie. Mais, auparavant, une séance de travail avait été organisée, le lundi 18 avril, sous la présidence du ministre pour étudier la situation actuelle de l’entreprise.

M. Rassâa avait indiqué que les négociations concernant Tunisie Télécom avaient connu récemment une évolution positive grâce aux pourparlers engagés entre les parties concernées soulignant l’importance de consolider les résultats enregistrés et poursuivre le dialogue sur les questions en suspens. Le ministre a souligné, dans ce cadre, que les efforts se poursuivent afin de prendre les mesures adéquates pour mettre en œuvre les accords conclus de nature à préserver l’intérêt de Tunisie Télécom qui constitue un acquis national.

De son côté, Mongi Ben M’Barek, secrétaire général de la FGPT a indiqué que les cadres et les employés de Tunisie Télécom s’attachent à l’accord signé entre la direction et les représentants du syndicat le 9 février 2011 pour suspendre les 63 contractuels.

Impasse totale en raison des oppositions d’intérêts entre le ministère de tutelle et le syndicat !

« Ne lesez aucune des parties »

Devant l’ampleur de la crise que connaît Tunisie Telecom, M. Rassâa s’est rendu au premier ministère où il s’est entretenu avec M. Beji Caïd Essebsi. Le Premier ministre a renouvelé sa confiance dans le PDG de TT et a rappelé qu’il avait reçu mandat du Conseil d’Administration pour négocier avec le syndicat pour régler le problème de la suspension des « contractuels ». M. Essebsi lui a également demandé à ce que la solution qui sera dégagée ne lèse aucune des parties, que ce soit les salariés statutaires ou les « contractuels » et que la pérennité de Tunisie Telecom soit garantie.

La réaction du Premier ministre démontre sa haute responsabilité par rapport à la gestion d’une crise qui a pris au fil des mois une ampleur nationale.

Quel est le jeu de M. Adel Gaaloul ?

Les manifestants se sont rendus, également, devant le secrétariat d’Etat à la Technologie.

M. Adel Gaaloul, secrétaire d’Etat à la Technologie, est descendu rencontrer les syndicalistes. D’après des témoins oculaires, M. Gaaloul aurait embrassé les responsables syndicaux en leur déclarant qu’il était avec eux et, pour conclure, leur aurait dit : « à demain ».

Si cette version s’avère exacte, M. Gaaloul semble avoir dépasser ses fonctions de représentation de l’Etat. En pactisant avec l’UGTT, M. Gaaloul a oublié qu’il était sensé représenter les intérêts de la totalité des salariés de Tunisie Telecom ainsi que ceux du secteur entier des télécommunications.

Mouvement spontané ou intimidation ?

Depuis des mois maintenant, Mongi Ben M’Barek, secrétaire général de la FGPT, intimiderait le personnel non syndiqué de Tunisie Telecom et, en particulier, les plus jeunes. Ses militants exigeraient qu’ils participent aux manifestations et sit-in sous peine d’être qualifiés de « traitres au pays ». Ce sont des salariés de TT qui ont révélés ces comportements à TunisieNumérique.

Un climat de peur et de délation règne sur l’entreprise et cette situation bloque son activité.

Curieusement, il semble que tous les manifestants/grèvistes de Tunisie Telecom continuent de toucher leurs salaires, congés payés et autres avantages alors que ces mouvements de grève sont totalement illégaux !

Dernières nouvelles des contractuels…

Parmi les 63 contractuels de TT, 15 d’entre eux étaient anciennement des statutaires. Ils avaient démissionné de leurs postes et accepter de devenir des contractuels (avec risque de licenciement ou de fin de contrat). Ces derniers ont été reçus par M. Ghobdani qui les aurait convaincus de revenir dans le cadre statutaire. Leur problème semble donc réglé.

Et les autres ?

Au début des évènements, en février, l’ex-PDG de Tunisie Telecom, M. Raouf Chkir, avait proposé, par e-mail, aux contractuels de travailler de chez eux en raison des pressions morales et physiques qu’ils subissaient. Travail rendu difficile voire impossible pour certains contractuels en raison des actes de rébellion du personnel sous leurs responsabilités ; ces derniers refusant d’appliquer les instructions transmises.

Le 4 mars, juste avant sa démission, M. Raouf Chkir avait de nouveau adressé un e-mail aux contractuels leur garantissant que tout était rentré dans l’ordre et qu’ils pouvaient rejoindre leurs postes de travail sans risque.

Les contractuels se sont effectivement présentés à leurs postes de travail ; mais, certains d’entre eux n’ont pu accéder physiquement à leurs bureaux et, en particulier, les contactuels travaillant aux Ressources Humaines. Devant cette incapacité, ils ont fait appel à un huissier-notaire afin de le faire constater. De plus, la FGPT prenait toujours comme point de ralliement des manifestations le siège des Ressources Humaines.

Les 4 contractuels travaillant à la Direction des Ressources Humaines ainsi que 3 autres directeurs dans d’autres départements ont reçu, aujourd’hui, par l’intermédiaire d’un huissier-notaire mandaté par la Direction générale, une lettre de rupture de contrat pour abandon de poste ! L’un d’entre eux avait pourtant passé toute la semaine dans son bureau ! Il s’agit en fait des directeurs qui étaient, depuis le début, dans le viseur du syndicat.

Une dizaine d’autres contractuels se sont trouvés, également, dans l’incapacité de réintégrer leurs bureaux en raison des menaces qui étaient formulées à leur encontre par leurs propres collaborateurs, n’ont pas encore été licenciés par Tunisie Telecom…

Le sort de 8 autres contractuels semble également joué puisque leurs contrats arrivent à expiration au mois de juillet 2011.

De 63, le nombre des contractuels sera bientôt descendu à 23… Cela va-t-il satisfaire la FGPT ? Rien n’est moins sûr puisque le PDG avait proposé 40 départs et 20 restants, ce que la FGPT avait refusé.

Que vont devenir ces cadres licenciés, recherchés dans le monde entier par une Tunisie Telecom conquérante ? Ils ont été calomniés publiquement à travers Internet et Facebook. Ils ont subi des agressions physiques ainsi que leur famille à leur domicile par des syndicalistes. Quel entrepreneur tunisien oserait à présent les recruter sous peine de voir son entreprise mise à feu et à sang par le syndicat.

Il est vrai que, dans la situation « florissante » de l’économie tunisienne, mettre au chômage des cadres de haut niveau est un atout incontestable pour la Tunisie. Ils seront certainement absorbés par les nombreuses entreprises étrangères qui se pressent aux portes de la Tunisie !

Enfin, les membres de la FGPT qui voulaient « être vizirs à la place du vizir » vont pouvoir obtenir les postes si convoités, surtout, si « chèrement » acquis ! Quel sera l’avantage en terme de gouvernance pour Tunisie Telecom ?

L’image de Tunisie Telecom ne peut que sortir ternie de cette guerre interne. Les menaces récentes de coupure de la téléphonie fixe et d’Internet ne peuvent que faire fuir les centres d’appels et autres entreprises totalement exportatrices générant des devises bien utiles pourtant. Dans une période où tous les représentants mondiaux viennent en Tunisie pour tenter d’assister à la relève de l’économie tunisienne, déjà pillée, est-ce un comportement responsable de la part de l’UGTT de maintenir ce climat d’insécurité par ses manifestations et ses sit-in intempestifs en plein Tunis ?

À suivre…

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