Les mots comptent, surtout quand ils sont suivis d’actes forts. En pleine empoignade autour de la finale de la CAN 2025 les chefs des exécutifs marocain et sénégalais, Aziz Akhannouch et Ousmane Sonko, ont annoncé la 15è Grande Commission Mixte de Coopération Maroc-Sénégal et dans la foulée le Forum économique entre les deux pays. Ils l’ont fait au moment où il fallait, quand les supporters des deux nations frères se jetaient à la figure par réseaux sociaux interposés des horreurs sans nom, que la décence nous empêche de relater ici. Akhanouch et Sonko ont tenu leurs rangs en regardant dans la bonne direction, en regardant l’essentiel, cimenté par des décennies de partenariat multiforme sans tache. Le football, dont les éruptions sont par définition passagères, ne pouvait pas, ne devait pas entacher ces liens très solides.
Après ça le roi du Maroc, Mohammed VI, a clos le débat en émettant un communiqué officiel qui a tout dit. Un texte de haut vol, à la hauteur des relations très spéciales entre le Royaume et le Sénégal, des rapports tellement denses qu’on pourrait y passer des jours sans en faire le tour. Après la parole royale on croyait que l’affaire était définitivement close, que tout ce qui sera dit par la suite marcherait sur les pas du souverain marocain. Et bien non. Le journal Le360, pour ne citer que lui, a poussé l’aigreur jusqu’à ignorer dans un premier temps la visite du Premier ministre sénégalais à Rabat. L’article a été publié à 16h43 ce lundi 26 janvier, quand le silence n’était plus tenable.
À la limite, on aurait pu, avec le temps, le meilleur des remèdes, pardonner à ce journal très en vue d’avoir repris à son compte les ignominies véhiculées par des citoyens égarés et aveuglés par leur rêve brisé, mais enjamber un événement de ce type au motif qu’on en veut à l’équipe du Sénégal dépasse l’entendement. Ces lignes très tardives sur cette grande rencontre sénégalo-marocaine au motif que la Coupe a atterri à Dakar dépassent tout ce qu’on a vu et entendu comme ineptie.
Heureusement que ce site, qui est pourtant réputé pour sa proximité avec le palais royal et l’exécutif, ne parle pas au nom de tous les Marocains. Le journal en ligne Hespress lui a été à la hauteur de l’amitié entre les deux peuples, il a été à la hauteur du puissant discours de Mohammed VI. Voilà ce qu’il a publié ce lundi dès 12h54 :
« Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a eu, lundi 26 janvier à Rabat, des entretiens avec le Premier ministre du gouvernement de la République du Sénégal, Ousmane Sonko qui effectue une visite de travail dans le Royaume, dans le cadre des travaux de la 15è Grande Commission Mixte de Coopération Maroc-Sénégal.
Lors de leurs entretiens, qui se sont déroulés en présence du ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des MRE, et de l’ambassadeur du Maroc à Dakar, les deux parties ont affirmé l’attachement du Royaume du Maroc et de la République du Sénégal et leur aspiration permanente à porter la coopération bilatérale à des niveaux multidimensionnels, conformément à la volonté des deux Chefs d’Etat, le Roi Mohammed VI, et Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal.
Les deux parties ont également souligné que le Royaume du Maroc et la République du Sénégal demeurent fidèles à l’esprit de fraternité, de solidarité et de respect consacré par chacun d’eux au profit du continent africain, saluant le rôle de la communauté marocaine établie au Sénégal et de la communauté sénégalaise établie au Maroc dans l’enrichissement du partenariat privilégié liant les deux pays.
A cet égard, le Chef du gouvernement a souligné les liens humains, spirituels et économiques étroits qui unissent les deux pays et que reflètent clairement les huit visites effectuées par le Roi au Sénégal, mettant également l’accent sur le rôle pivot de la République du Sénégal dans les initiatives royales visant à consacrer le développement en Afrique, notamment l’initiative royale pour l’Afrique atlantique qui vise à favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique.
Ces entretiens ont également été l’occasion de relever le saut qualitatif enregistré au niveau des échanges de visites ministérielles, de l’enrichissement du cadre juridique régissant la coopération bilatérale et de la consolidation du partenariat économique et des investissements, depuis l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République Sénégal.
La tenue de la 15è Grande Commission Mixte de Coopération Maroc-Sénégal, offre l’opportunité de renforcer la coopération sectorielle entre les deux pays, à travers la mise en place de projets structurants dans les secteurs notamment de l’agriculture, de l’énergie, du commerce, de l’économie numérique et autres ».
Ça on l’a vu tardivement, trop tardivement, chez nos confrères de Le360. Il s’en est fallu de très peu pour qu’ils manquent le train de l’Histoire. Par contre la chronique nauséabonde du célèbre écrivain Tahar Ben Jelloun on l’a bien vue et elle heurte, profondément. Même lui, le brillant lettré, l’illustre lauréat du Prix Goncourt, n’a pas pu se prémunir contre les bas instincts qui hélas sont parfois consubstantiels à la ferveur footballistique…
Ben Jelloun a parlé de « l’africanité » du Maroc, « si toutefois elle existe » ajoute-t-il, il a parlé du « racisme » dont le Maroc a été victime, de la « jalousie » que le royaume suscite en Afrique, du « jeu physique, voire violent » pratiqué par les « équipes africaines » – entendez par là que l’équipe marocaine ne serait pas africaine -, de « la fête pour la victoire » qui a été « indécente » au Sénégal, etc. Bref, il n’a tiré que sur un côté. On l’a connu plus objectif, plus sémillant, plus affûté intellectuellement.
Qu’il rappelle le geste antisportif du Sénégal – la sortie du terrain -, soit, personne n’épiloguera sur ça, mais qu’il déballe tout sur ce que les joueurs sénégalais ont subi, avant et durant la finale, quand les fétichistes de la serviette s’acharnaient, en plein match, à quelques pas du gardien sénégalais, alors que l’arbitre regardait ailleurs. Que Ben Jelloun dise tout ou qu’il se taise. Puisqu’il est descendu aussi bas il aurait pu plonger jusque-là. Il a laissé beaucoup d’aura dans cette agitation sportive puérile qui appartiendra bientôt au passé.
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!