Politique

Par Firas Elkateb : La loi d’état d’urgence Economique ou l’échec sans appel d’une politique.

Confronté à son Incapacité de rétablir la confiance et de relancer l’économie tunisienne, malgré les beaux discours et les grands messes, le gouvernement actuel se réfugie derrière l’élaboration et la promulgation d’une panoplie de lois allant du nouveau code d’investissement à l’actuel de la loi d’état d’urgence économique sans oublier la loi de la réconciliation proposée et fortement appuyée par la présidence de la république ainsi que le déploiement de l’armée nationale pour protéger les sites de gaz, de pétrole, de phosphates et notamment pour protéger les intérêts des investisseurs étrangers (doit on rappeler à cette occasion que le recours à l’armée est synonyme d’échec politique sans appel). Incapables d’attirer les IDE, unique vision de relance des gourous économiques de ce gouvernements malgré les avantages accordés aux autres étrangers à qui on a attribué le statut d’acteur économique privilégié jusqu’à les soustraire à la juridiction des tribunaux tunisiens en leur accordant le recours à l’arbitrage international, leur permettre de se soustraire a la justice tunisienne par le biais de l’arbitrage international, les gourous du gouvernement actuel rejette l’ensemble de la responsabilité de cette absence de relance sur l’administration.

Cette loi d’état d’urgence économique doit tout d’abord soustraire les décisions politiques d’investissement et de dépenses au contrôle et aux procédures de l’administration que l’on accuse aujourd’hui de tous nos maux. Cette loi d’état d’urgence économique doit également permettre par une relance Keynésienne, au travers de trois ou quatre grands projets. Cette politique de dépense de l’état risque d’installer l’économie tunisienne dans une longue phase de stagflation. Tous les ingrédients sont réunis,une économie moribonde gangrenée par l’économie informelle, un tissus économique délabré, une balance commerciale en fort déficit, un budget en déséquilibre, un taux d’endettement catastrophique et une réserve de change délabrée.

La croissance économique va dépasser les malheureux de 2,5% qu’on nous promet pour 2017, grâce à un rythme de dépense soutenu, mais au prix d’un accroissement de la structure des prix et des coûts, car une grande partie de cette relance sera générée par des entreprises étrangères à des coûts de réalisation supérieurs aux coûts usuels, sans pour autant apporter ce transfert de technologie dont nous avons tant besoin et conduisant rapidement à un accroissement de l’inflation généré cette fois-ci par le défit de la balance des biens et services. Et qui bien évidement contribuera à la dégradation de la valeur du dinar et du pouvoir d’achat, en créant bien plus de chômage que ne générera la politique de sous-traitants des grands projets.

Les gouvernements successifs qui ont géré l’économie du pays depuis 2011, ont refusé de s’attaquer au problème fondamental de l’économie tunisienne, à savoir le déficit commercial, qui s’est aggravé depuis en raison de l’effondrement du tourisme, de la baisse des exportations ou de son absence d’évolution et d’une véritable explosion des exportations. L’ensemble de ces actes manqués qui sont souvent le fruit d’une absence de décisions ou pour dire vrai d’une absence de volonté et qui en bout de course sont des choix politiques qui ont mené l’économie tunisienne à la situation actuelle. Les gouvernements successifs qu’a connu la Tunisie depuis 2011 ont préféré se limiter aux décisions de politiques sociales en oubliant sciemment ce qui a permis à la Tunisie d’atteindre ce seuil de développement social qu’est le développement Economique soutenu depuis l’indépendance, sans ce développement, il n’aurait pas été possible,de financer notre politique de santé, ni de financer notre politique d’éducation et encore moins d’offrir une politique sociale, au travers des diverses caisses.

L’entrée dans une longue phase de stagflation va entraîner une augmentation des taux d’intérêts, une envolée de l’inflation, une baisse du pourvoir d’achat et une dégradation à terme des capacités du budget de l’état pour soutenir les politiques sociales du pays. A ce rythme il faudra tirer un trait sur la gratuité des universités, sur le système de couverture sociale et sur les hôpitaux publics.

Il semblerait que cette volonté de réduire l’économie tunisienne à un économie marchande, avec une part d’industrie et de tourisme réduite à sa portion congrue sans se soucier de l’impact sociétal d’une telle politique en vue d’asseoir nouveau projet de société plus conforme aux choix de vie des islamistes. Il est déplorable de constater que le gouvernement de BCE qui se présente comme le défenseur du modèle de société de Bourguiba soit celui qui pourvoit à la destruction du projet de société instauré par Bourguiba au travers de cette panoplie de lois incongrues.

Firas Elkateb

Membre fondateur du mouvement de l’indépendance tunisienne

 

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