Si ce n’est pas « Mediapart » c’est le « Canard Enchaîné ». Ces journaux d’investigation, auxquels aucun des secrets de la République ne résiste, sont le pire cauchemar des hommes et femmes politiques français. C’est le « Canard » qui était allé fouiller dans le maigre CV de l’archi-favori de la prochaine présidentielle (disent tous les sondages), le jeune président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella. Il revient avec un déballage encore plus explosif sur la météorite l’extrême droite, tellement explosif qu’elle a débouché sur une plainte au Parquet national financier (PNF)…
Favoritisme et détournement de fonds publics, ce sont les motifs de cette plainte contre Bardella. Elle a été déposée par l’association AC Corruption suite aux révélations sur l’argent versé à Pascal Humeau, recruté comme « média-traineur », précisément pour faire du président du RN un animal politique. Bardella l’est devenu, reste les casseroles qu’il traînerait.
Le journal a ébruité les dessous du marché liant le RN à M. Humeau, à partir de 2019. Dans la plainte, consultée par BFMTV, il est écrit qu' »ayant été engagé dans le but d’entraîner et de préparer à l’exercice médiatique les élus européens du Rassemblement national, Monsieur Humeau était payé par le Parlement européen sur le fondement de l’enveloppe budgétaire mise à la disposition des élus« .
Cependant l’article indique qu’à partir de septembre 2021, « Monsieur Humeau a été chargé d’aider Jordan Bardella non pas sur sa connaissance de l’actualité européenne mais en vue de la préparation de l’élection présidentielle française de 2022 et donc sur des questions de politique interne« .
Le déballage concerne l’utilisation par les élus du RN des fonds décaissés par le Parlement européen, une affaire qui fait forcément écho à la condamnation récente du parti et de 25 de ses cadres et collaborateurs, tous épinglés pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires. Le moins qu’on puisse dire est que le RN et son ancêtre le Front national ont toujours eu un problème avec les sous des Français et des Européens. Les choses vont nettement mieux pour les finances de la formation, avec toutes ces victoires électorales engrangées.
C’est le patriarche et fondateur du mouvement, feu Jean-Marie Le Pen, qui avait initié ces pratiques frauduleuses ; sa fille a « perfectionné les techniques« . Ce qui d’ailleurs a valu à Mme Le Pen une condamnation à la prison et à une peine d’inéligibilité qui ont de fortes chances d’être confirmées en appel. Son image et son aura se sont tellement abîmées que Bardella est dans la tête de tous les électeurs du RN pour la prochaine élection présidentielle. Patatras : le feu commence à mordre la stature du champion de l’extrême droite, lui aussi, comme son mentor.
A noter que le Parquet européen a enclenché une enquête, en juillet 2025, sur le groupe Identité et Démocratie (GID) pour des irrégularités financières présumées sur l’utilisation du budget communication, dénommé « budget 400 » des élus européens, mentionne la plainte. M. Humeau a enfoncé le RN en déclarant que l’appel d’offre n’était qu’un artifice et qu’on lui avait signifié que le contrat lui serait donné parce que Bardella, élu député européen en 2019, tenait à travailler avec lui. Donc clairement les règles des marchés publics européens ont été foulées au pied pour favoriser la société « Kon Tiki » et Pascal Humeau, une violation du principe d’équité entre les candidats.
L’association AC Anticorruption avait tous les éléments pour étayer l’accusation de favoritisme. D’après l’organisation, la rémunération de la société de M. Humeau, avec des fonds européens et tous ces salaires versés au nom du média training de Bardella sur des sujets de politique interne, sont constitutifs d’un détournement de fonds publics sur la base de l’article 432-15 du Code pénal…
« Non content d’être soutenu par les milliardaires français, le RN pille sans vergogne les fonds publics pour étendre son hégémonie politique. La justice française et le parquet européen, doivent envisager l’ensemble des affaires qui affectent le RN de manière globale et systémique, car il s’agit purement et simplement d’une pratique méthodique et structurée mise au point par le RN afin de détourner des fonds publics, qu’ils soient nationaux ou européens« , assène la partie plaignante.
Contactés par BFMTV, les collaborateurs de Bardella rétorquent ceci : « Jordan Bardella conteste bien entendu ces accusations qui le visent dans le contexte politique que l’on connaît, et se réserve le droit d’engager des poursuites en diffamation et dénonciation calomnieuse« .
Vu le lourd passif judiciaire du RN le champion de l’extrême droite a de bonnes raisons de trembler, lui à qui toutes les enquêtes d’opinions promettent un triomphe, quel que soit le candidat qui sera face à lui au second tour du prochain scrutin présidentiel.
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