L’affaire judiciaire mêlant l’actuelle ministre de la Culture Rachida Dati et l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn franchit une nouvelle étape. Les deux personnalités ont été renvoyées en correctionnelle par des juges d’instruction parisiens pour des faits de corruption et de trafic d’influence liés à des missions de conseil jugées fictives.
L’information a été confirmée ce mardi 22 juillet 2025 par une source judiciaire relayée par l’AFP. Le dossier, instruit depuis 2019 par le Parquet national financier (PNF), concerne un contrat signé en 2009 entre Rachida Dati, alors députée européenne, et RNBV, une filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan.
Entre 2010 et 2012, Rachida Dati aurait perçu quelque 900 000 euros dans le cadre d’une convention d’honoraires. Toutefois, les enquêteurs soupçonnent que ces paiements aient servi à couvrir une activité de lobbying au Parlement européen, ce qui est formellement interdit pour les élus en exercice.
À 59 ans, la ministre devra répondre devant le tribunal des chefs de recel d’abus de pouvoir, d’abus de confiance, de corruption et de trafic d’influence passifs, en tant que personne investie d’un mandat électif public dans une organisation internationale. Elle conteste l’ensemble des accusations et a tenté, à plusieurs reprises, d’interrompre la procédure, notamment en invoquant la prescription des faits. Ses recours ont jusqu’ici été rejetés.
Une première audience procédurale est prévue le 29 septembre prochain, afin de fixer la date du procès. Selon une source proche du dossier, celui-ci pourrait se tenir après les élections municipales de mars 2026, où Rachida Dati est régulièrement évoquée comme candidate potentielle à la mairie de Paris.
De son côté, Carlos Ghosn, aujourd’hui âgé de 71 ans et réfugié au Liban depuis 2019, est également renvoyé pour abus de pouvoirs, abus de confiance, corruption et trafic d’influence actifs. Il est visé depuis avril 2023 par un mandat d’arrêt international émis par la justice française.
L’entreprise Renault s’est constituée partie civile dans ce dossier, où l’image du groupe avait été fortement écornée à la suite de l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon en 2018.
L’ancien dirigeant, qui détient les nationalités française, libanaise et brésilienne, avait fui le Japon de manière spectaculaire en décembre 2019, échappant à un procès pour malversations financières présumées.
Ainsi, ce procès à fort retentissement politique et médiatique devrait rouvrir de nombreuses interrogations sur les liens entre pouvoir politique et intérêts économiques. Il met également en lumière les lacunes dans la transparence des activités de conseil des élus européens.
Alors que la justice poursuit son cours, les implications potentielles pour le gouvernement et l’image de la classe politique française restent majeures.
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