Les pays arabo-musulmans se sont positionnés hier mardi 17 février sur la date du premier jour du mois de Ramadan 2026, ils l’ont fait sur la base de calculs plus ou moins savants, d’observations du croissant linaire. Bref, ils ont fait comme d’habitude. A l’arrivée ils iront en ordre dispersé : certains entament le jeûne ce mercredi 18 févier, d’autres demain jeudi. Et bien en France aussi c’est la cacophonie…
La Grande Mosquée de Paris a sa date, ce mercredi ; le Conseil français du culte musulman (CFCM) a la sienne, demain jeudi. Deux dates, deux rites religieux et très probablement deux fêtes de l’Aïd el-Fitr (fête de la fin du Ramadan) dans un même pays, avec les mêmes fidèles. Une étrangeté que personne ne s’explique et que rien ne justifie, à part des querelles de chapelle, en l’occurrence de mosquée. Pire : la zizanie se propage dans les lieux de culte.
Par exemple les mosquées de Strasbourg et Reims n’ont pas suivi l’autorité dont elles relèvent, la Grande mosquée de Paris, l’instance musulmane la plus importante de l’Hexagone. Ces deux mosquées ont annoncé que les concernant le mois saint débute demain jeudi, provoquant la stupeur chez les fidèles. Par contre la Grande mosquée de Lyon se range derrière la Grande mosquée de Paris…
«Une fois de plus, la communauté musulmane vient de montrer que l’unité n’existe pas encore et aujourd’hui, la France est divisée en deux», se désole le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, rapporte Saphirnews. «Nous avons un très gros problème cette année car les avis sont très partagés» entre le mercredi et le jeudi, a commenté le recteur de la mosquée de Villeurbanne, Azzedine Gaci.
En s’appuyant sur les «données astronomiques» le croissant lunaire «ne pouvait pas être observé ce soir-là (mardi), nulle part dans le monde, ni à l’œil nu ni à l’aide de télescopes», a plaidé Hilal France. Le «croissant lunaire n’a été observé nulle part en France», a-t-il ajouté.
Le site Oumma départage les deux camps en ces termes : «le jeûne est valide dans les deux cas, dès lors qu’il repose sur un avis religieux reconnu et une intention sincère (…) L’attitude la plus apaisante consiste à suivre sa mosquée, ou l’instance religieuse que l’on suit habituellement», le but étant de «préserver la cohésion familiale et communautaire».
Voilà pour le dogme religieux, donc que tout le monde se tranquillise, le Seigneur agrée tous les jeûnes. Par contre pour « la cohésion (…) communautaire » il faudra repasser. L’image que cette dispute donne de la communauté musulmane en France est désastreuse, il n’y a pas d’autre expression.
Rappelons que dès le 28 novembre 2025 le CFCM avait déterminé la date du début du mois saint, sur la base de calculs astronomiques : il avait dit le 18 février 2026. Puis patatras le 2 février de ce mois : le même CFCM nous dit que finalement le premier du Ramadan est le 19 février. Une date confirmée 2 jours après, sur la base des fameux calculs astronomiques. Donc objectivement c’est le CFCM qui a changé de braquet, pas la Grande Mosquée de Paris. Que vaudront les prochaines prévisions du CFCM ? Chacun se fera son propre avis sur la question.
La querelle n’est pas nouvelle, au Ramadan 2024 la Grande Mosquée de Paris et le CFCM s’étaient écharpés sur la date de l’Aïd el-Fitr, autour du même argumentaire : les calculs astronomiques, qu’on commence à bien connaître, hélas.
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