Sondage après sondage l’extrême droite confirme sa percée sans précédent et une nette avance aux prochaines élections, présidentielle ou législatives. On comprend pourquoi la gauche et la droite, quoi qu’elles en disent, hésitent à faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu. Les partis traditionnels pourraient s’accommoder d’un Budget 2026 mal fagoté et qu’ils rejettent dans son essence, pour des raisons différentes, juste pour conjurer des élections anticipées. Le dernier sondage sur la présidentielle confirme leur crainte…
Si le scrutin avait lieu aujourd’hui le jeune président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, écraserait tous les candidats qui seraient face à lui au second tour. Les leaders des formations politiques commencent à cogner sur le point faible du jeune homme de 30 ans : son CV famélique, son manque d’expérience dans tous les domaines à part la tambouille politicienne…
Mais manifestement les Français n’en démordent pas, à en croire ce sondage ils ont envie d’expérimenter les dangereux récifs de l’extrême droite après avoir testé la gauche, la droite et le centre. L’enquête Odoxa-Mascaret publiée ce mardi 25 novembre par Public Sénat et la presse régionale est sans appel, si la présidentielle avait lieu dimanche prochain Bardella serait catapulté à l’Elysée.
Le premier cas de figure oppose le président du RN à l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, ce dernier en tant que candidat du bloc central. Au premier tour Bardella est crédité de 35%, Philippe 17%. Au second tour Bardella le battrait largement, 53% contre 47%. Rappelons que dans ce même baromètre en avril dernier c’était l’inverse : 54% pour l’ancien Premier ministre et 46% pour Bardella….
C’est dire à quel point le travail de sape du RN a payé, sans que le parti n’ait jamais apporté la preuve de son efficience au pouvoir. Même la gestion des municipalités par le passé fut un fiasco sur toute la ligne. En fait l’extrême droite s’est contentée de s’asseoir pour regarder les autres se noyer, surtout la majorité présidentielle depuis la dissolution et les législatives complètement ratées.
En parlant de camp présidentiel son poulain, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, qui n’a jamais pardonné au chef de l’Etat la dissolution du Parlement, ne ferait pas mieux que 11% si le premier tour de l’élection avait lieu dimanche prochain. Même les candidats de gauche feraient mieux : Raphaël Glucksmann est crédité de 14,5% et Jean-Luc Mélenchon 12%.
N’empêche Bardella ne laisserait aucune chance à Glucksmann au second tour : 58% contre 42%. Sa victoire serait encore plus spectaculaire face au chef de file de la France insoumise : 74% contre 26%. C’est encore la preuve que la leader de l’extrême droite, Marine Le Pen, a réussi le tour de force de se dédiaboliser, et Mélenchon a été poussé dans la fosse aux lions…
Le leader de l’extrême gauche a mis un point d’honneur à ne pas renier ses convictions, notamment sur la question palestinienne, quel qu’en soit le coût politique. Alors que Mme est allée très loin en la matière, trop, jusqu’à valider les crimes de guerre d’Israël à Gaza. C’est un des exemples des reniements de l’extrême droite, le prix à payer pour se départir de l’enquête d’antisémite qui collait au sulfureux Jean-Marie Le Pen et l’empêchait de « s’ennoblir » comme sa fille.
Le leader de la droite (les Républicains), l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, rêvait du destin du RN, il a fait feu de tout bois pour ça : l’Algérie, les musulmans de France, les immigrés, il a même sabordé son gouvernement pour se faire mousser, la mayonnaise ne prend pas. Au premier tour il recueillerait à peine 8% des voix si le candidat du bloc central était Philippe, et 10% si c’était Attal. L’ex-Premier flic de France est cuit dans tous les cas de figure.
Le même sort guette Mme Le Pen, dont la candidature à la présidentielle est tributaire de son procès en appel après sa condamnation et son inéligibilité pour détournement de fonds publics. Sa survie politique est tellement peu probable qu’elle n’a pas été testée dans ce sondage. On est déjà dans l’après-Le Pen : Bardella a la faveur des Français et des sympathisants du RN (+7 points), d’après Odoxa.
Le président finissant (même s’il a des rêves fous de 3e mandat), Emmanuel Macron, peut se targuer d’avoir gagné un point en un mois, à 21% d’opinions favorables. Le Premier ministre Sébastien Lecornu affiche 6 points, 36% d’opinions favorables en dépit de la paralysie totale de son Budget.
Conclusion : La France de Bardella prend forme, indique clairement ce sondage, avec les petites « marges d’erreurs statistiques » qui vont avec.
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