Une affaire sordide et qui déshonore la représentation nationale. En novembre 2023 on vous parlait de ce sénateur très propre sur lui – en tout cas c’est ce que tout le monde croyait – qui a drogué une députée pour abuser d’elle. Les faits s’étaient déroulés dans le domicile de l’agresseur, Joël Guerriau, à qui la victime, Sandrine Josso, avait rendu une visite amicale. L’homme de 68 ans a été condamné à 4 ans de prison dont 18 mois ferme pour avoir lourdement drogué l’élue afin de la violer. Mais l’affaire est loin d’être terminée…
Elle n’est pas terminée parce que tout n’a pas fait pour apaiser les souffrances psychologique de Mme Josso. Je ne parle pas de la Justice, elle est déjà passée, je parle de l’attitude de ses collègues et surtout le premier d’entre eux, le président du Sénat, Gérard Larcher. En févier 2024 on vous parlait de son mutisme sur des affaires scabreuses, son comportement est tout aussi condamnable dans l’affaire Guerriau.
La députée attend une réaction ferme et une enquête en bonne et due forme sur les agissements dans le microcosme politique. Qui sait, peut-être que d’autres cadavres sont planqués dans les placards. Mais voilà, le patron de la Chambre haute ne bouge pas. Mme Josso a demandé hier jeudi 29 janvier à Larcher de rompre son «silence» dans cette affaire et de mener des investigations sur les «graves dérives» mouillant le Sénat après le verdict de mardi dernier contre Guerriau. A noter que ce dernier a déclaré lors du procès que l’ecstasy lui avait été fourni par un autre sénateur.
L’élue de Modem a écrit au président de l’institution et figure des Républicains – la droite – pour lui faire part de son affliction et de sa «surprise» face à son «silence». A noter que c’est la troisième fois que la victime écrit au sénateur des Yvelines et toujours aucune réponse, d’après elle…
Un mutisme d’autant plus énigmatique que Mediapart a déballé que le Sénat aurait exercé une pression sur le gendarme de l’audiovisuel (Arcom) pour intimider les journalistes de l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, dont un des sujets a fouillé à la Chambre haute et contenait un entretien téléphonique avec Joël Guerriau.
Mme Josso crie aux manoeuvres «illégales» ou «contraires a l’éthique» sur lesquelles la présidence du Sénat devrait enquêter pour donner des gages de «transparence», soutient-elle. «Je vous prie de mettre en œuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives», écrit la députée.
Questionné en début de semaine sur RTL, Larcher avait dit qu’il a temporisé durant un an pour avoir une réponse du procureur, le premier pas indispensable selon lui pour aller vers la saisine du Comité de déontologie du Sénat. A noter que ledit comité a été mobilisé l’été dernier, quelques mois avant la démission de Guerriau de ses fonctions de sénateur. «Les faits sont d’une extrême gravité», avait admis Larcher, mais «je ne pouvais pas démissionner de moi-même ce sénateur».
Autre silence très étrange, celui du chef du parti de Mme Josso, l’ex-Premier ministre François Bayrou. Le maire de Pau n’en est pas à ses premières incartades. Rappelons-nous commet il avait manœuvré pour étouffer les violences physiques et sexuelles à l’école catholique Notre-Dame-de-Bétharram, où sa fille était inscrite. Elle est belle la République des dignitaires de la politique.
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