Un vaste coup de filet a secoué les institutions européennes. Le Parquet européen a annoncé avoir mené des perquisitions au sein du service diplomatique de l’Union européenne à Bruxelles, ainsi que dans plusieurs bâtiments de la Collège d’Europe à Bruges, dans le cadre d’un important dossier de fraude financière présumée.
Selon les premières informations officielles, trois personnes ont été placées en garde à vue, sans que leurs identités ne soient divulguées. Toutefois, une source proche du dossier a confié à l’AFP que Federica Mogherini, ancienne cheffe de la diplomatie européenne et actuelle directrice de la Collège d’Europe, figure parmi les personnes interpellées, aux côtés d’un haut responsable de la Commission européenne.
Un programme de formation au cœur des soupçons
L’enquête porte sur des soupçons de favoritisme, de concurrence déloyale et de manquements graves dans l’attribution par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) d’un programme de formation de neuf mois destiné aux futurs diplomates européens, confié au prestigieux établissement de Bruges.
Les faits ciblés remontent à la période 2021-2022 et concernent des irrégularités présumées telles que :
- fraude dans les marchés publics,
- corruption,
- conflits d’intérêts,
- violation du secret professionnel.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si la Collège d’Europe aurait été avertie à l’avance des critères de sélection, ce qui constituerait une entorse majeure aux règles d’appel d’offres.
Le rôle du Parquet européen
Créé en 2021, le Parquet européen (EPPO) est une autorité indépendante chargée de lutter contre la fraude affectant les fonds de l’Union, les délits transfrontaliers liés à la TVA, la corruption ou encore le blanchiment d’argent.
Il peut mener des enquêtes et poursuivre les auteurs présumés au-delà des frontières nationales, ce qui explique son intervention dans cette affaire d’envergure.
Avant les perquisitions, le Parquet avait demandé la levée de l’immunité de plusieurs suspects dont les noms n’ont pas été révélés, mais qui ont été effectivement déchus de leurs protections.
Des faits antérieurs à la prise de fonction de Kaja Kallas
Un responsable européen a confirmé à l’AFP que les perquisitions visant le service diplomatique concernent des activités antérieures à l’arrivée de Kaja Kallas, actuelle haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, en fonction depuis fin 2024.
Alors que les investigations se poursuivent, cette affaire soulève de nouvelles interrogations sur la transparence et la gouvernance des institutions européennes, déjà critiquées pour leur gestion des fonds publics.
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