FTDES : 44% des travailleurs tunisiens font du travail au noir…

D’après une étude élaborée par le Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), parue en 2018, les politiques nationales de l’emploi consacrent la création du travail précaire et instable. Selon l’étude, 54.4% des travailleurs occupent des postes« atypiques », selon les normes internationales en vigueur.

Mieux encore, 44% des travailleurs tunisiens sont employés sans contrat de travail ce qui veut dire qu’ils travaillent au noir, 11.4% des travailleurs sont employés en vertu de contrat à durée déterminée

Le FTDES évoque aussi, l’existence d’une forte corrélation entre la précarité du travail et les disparités au niveau des taux d’analphabétisme, de la pauvreté, et de l’état des déséquilibres régionaux.

Le forum précise que les autorités donnent de l’importance à l’amélioration des équilibres macro-financiers au détriment de la concrétisation de programmes de lutte contre le chômage, les disparités sociales et régionales et la préservation des droits des générations futures.

Sur un autre plan, l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a publié en 2016 une étude qui a dévoilé que le marché du travail en Tunisie se caractérise par quatre éléments majeurs :

– un niveau élevé de chômage (15% en moyenne annuelle),

– une inadéquation entre la formation et l’emploi,

– un chômage de longue durée très important (33%),

– un chômage des jeunes très significatif (32%), en particulier celui des diplômés de supérieur (33%).

D’après l’ITCEQ, outre le chômage, l’économie tunisienne se caractérise par un faible taux d’activité égal à 47% et elle est incapable d’utiliser pleinement son facteur travail. Ceci se résume par le faible taux d’emploi à savoir 40%. La dégradation de la situation de l’emploi s’est accéléré avec le ralentissement de la croissance après 2011.

Il est inquiétant qu’actuellement en Tunisie, un nombre assez important de travailleurs souffrent de conditions de travail précaires, incertaines, et imprévisibles.

Cette situation est jugée complexe par un rapport de la Fondation européenne pour la formation (ETF), paru en août 2019, intitulé « Marché du travail, dynamique des compétences et politiques d’emploi en Tunisie ».

Le rapport stipule que les jeunes, notamment diplômés, et encore plus les jeunes femmes, ne trouvent que des emplois précaires par nécessité. Certains, et ils sont nombreux, surtout les femmes, abandonnent et quittent le marché du travail : ce sont les inactifs découragés (comptés parmi les actifs selon la définition large de la population active).

L’ampleur du problème appelle à une action coordonnée et structurée basée sur la lutte contre l’érosion de la valeur du travail. Tout plan d’action devrait prendre en compte les conditions particulières des femmes et des jeunes qui sont les plus touchés par le travail précaire. La conception d’un tel plan devrait s’appuyer sur une analyse de la précarité de ces travailleurs.

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