Le président Donald Trump a claironné beaucoup de choses après ce qu’il a considéré comme un triomphe absolu (la réalité sur le terrain est beaucoup plus complexe) : le cessez-le-feu qu’il a imposé à Gaza, car il l’a bien imposé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le président américain a dit que sa trêve tient, qu’il n’aura pas besoin de déployer l’US Army dans l’enclave palestinienne pour veiller sur la cessation des hostilités entre Tsahal et le Hamas, et qu’au terme de la Paix des braves une nouvelle fournée de pays arabes sauteront dans le train des Accords d’Abraham (la normalisation avec Israël).
Mais comme à chaque fois que le républicain se répand et s’épanche, emporté par son enthousiasme – réel ou feint – il faut creuser pour vérifier la véracité des déclarations, des engagements, des promesses. Rappelons-nous sa promesse ferme de faire les armes en Ukraine « en 24 heures« . Et maintenant il en est à se mesurer avec le président russe Vladimir Poutine sur la taille et la quantité d’ogives nucléaires qu’ils possèdent. Une dérive complètement folle…
Donc regardons dans le détail les engagements de la Maison Blanche pour la bande de Gaza. S’agissant du cessez-le-feu il tient mais au prix d’une liberté totale pour Netanyahu, qui peut bombarder et détruire à sa guise dès qu’il y a une once de soupçon de mouvement des combattants palestiniens. Des accusations toujours fallacieuses, évidemment.
Pour ce qui est du cercle vertueux autour des Accords d’Abraham, à notre connaissance il n’y a que le Kazakhstan qui a sauté le pas dernièrement, et allez savoir après quels « marchés » scellés avec les USA et l’Etat hébreu. Par ailleurs le fait que les Kazakhs normalisent avec Tel-Aviv n’est une surprise pour personne vu qu’ils commercent et pactisent depuis des décennies…
Le morceau qui intéresse le monde entier est l’Arabie saoudite. Or, à ce qu’on sache, la tête de gondole des pays du Golfe, officiellement, n’a pas fait un pas en direction de Netanyahu depuis que le 7-Octobre a figé le Prince héritier Mohammed Ben Salmane, après ses déclarations détonantes du 20 septembre 2023 sur la « chaîne de Trump », Fox News.
Reste la dernière promesse forte de Trump : Pas un seul soldat américain sur le sol gazaoui pour gérer l’après-trêve. Là aussi la réalité pourrait être plus nuancée que le discours péremptoire de l’homme fort des Etats-Unis d’Amérique. Il y a du nouveau dans la ville de Kiryat Gat, une cité industrielle israélienne…
Washington, très discrètement, y a installé un nouveau Centre de coordination militaro-civil (CCMC) dédié à Gaza. Elle aura pour mission la supervision du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne et la préparation de la phase de reconstruction. Trump, qui aura la main sur ce centre de commandement international, a déjà déployé ses soldats dans la ville.
Cette partie du pays s’anime ; au centre commercial de Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, le déploiement des soldats américains est sur toutes les lèvres. Peu de personnes ont vu ces militaires qui impressionnent mais tout le monde sait qu’ils sont bien là. Une habitante s’est confiée à RFI : «ils viennent manger tous les jours, parfois ils sont seuls ou en groupe. C’est bon pour l’économie, pour toute la ville».
Un autre résident qui a un magasin d’électronique se frotte les mains : la base américaine «est très proche, oui. Je dois dire que ça a fait beaucoup de buzz, surtout au début, lorsqu’ils sont arrivés. Mais ils ne sont pas là en masse. Je suppose qu’ils travaillent aussi et qu’ils ne sont pas là pour faire du tourisme».
200 soldats américains sont sur les lieux depuis trois semaines. On dit d’eux qu’ils sont spécialistes des transports, de la sécurité ou de la logistique, et qu’ils entreront en action dès le début de la deuxième phase du plan du président Trump. D’ici là ils scrutent le respect de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, nichée à moins de 30 kilomètres…
Que fera exactement cette unité après le feu vert du Commandant en chef – Trump -, combien de temps ils camperont chez les Palestiniens ? Seule la Maison Blanche a ces réponses. Ce qu’on sait c’est que les pays arabes gesticulent de leur côté autour de leur propre plan de reconstruction, lequel écarterait Israël et les USA selon les déclarations. Est-ce que ce projet est le même que celui de Washington ? Là aussi mystère.
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