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Grande chute d’ Oracle en bourse : décryptage d’un revers inattendu

    Le géant américain Oracle, longtemps porté par l’euphorie autour de l’intelligence artificielle, a vécu une soirée mouvementée à Wall Street.

    Trois mois seulement après une envolée spectaculaire liée à des prévisions de revenus jugées “colossales”, l’entreprise fondée par le multimilliardaire Larry Ellison a vu son titre chuter de plus de 7 % dans les échanges électroniques suivant la clôture, victime de résultats trimestriels légèrement en dessous des attentes.

    Cette réaction brutale des marchés illustre un climat où les investisseurs exigent désormais des performances exceptionnelles pour justifier les investissements massifs consentis dans l’IA.

    Des revenus en hausse… mais pas assez pour Wall Street

    Pour son dernier trimestre, Oracle a enregistré un chiffre d’affaires de 16,06 milliards de dollars, en progression de 14 % sur un an.
    Un chiffre solide, mais insuffisant pour satisfaire des analystes qui misaient sur des résultats encore plus ambitieux, au regard des dépenses gigantesques engagées par le groupe pour s’imposer dans l’infrastructure de l’intelligence artificielle.

    Oracle s’est en effet massivement endetté pour accélérer l’expansion de ses centres de données et renforcer son offre cloud, secteur dans lequel l’entreprise vise la première place mondiale.

    Le cloud continue d’exploser, porté par l’IA

    Malgré la déception boursière, les performances du cloud continuent d’impressionner.
    L’ensemble de l’activité cloud d’Oracle a progressé de 34 % sur un an, un rythme déjà remarquable.

    Mais c’est surtout la partie infrastructures cloud, essentielle pour héberger les calculs massifs de l’IA, qui se distingue avec une croissance spectaculaire de 68 %.

    Cette progression confirme qu’Oracle est devenu un acteur incontournable dans la fourniture de centres de données et de capacités de calcul destinés à l’IA générative, un segment où la demande explose.

    Des engagements financiers de géants du secteur

    Oracle a également annoncé de nouveaux engagements financiers provenant d’acteurs majeurs de la tech, parmi lesquels Meta et Nvidia, deux entreprises au cœur de l’écosystème IA mondial.
    Ces partenariats illustrent la stratégie d’Oracle : sécuriser des contrats de long terme auprès des géants les plus gourmands en capacité de calcul.

    En septembre dernier, l’action Oracle avait bondi de 36 % en une seule séance, atteignant 328,62 dollars, soit près de 250 milliards de dollars ajoutés à sa capitalisation boursière en quelques heures.

    Une frénésie spectaculaire, alimentée par des prévisions internes évoquant 144 milliards de dollars de revenus annuels d’ici 2030 pour la seule infrastructure cloud du groupe.

    OpenAI, Stargate et la course mondiale aux super-centres de données

    L’un des moteurs de cette euphorie a été l’annonce d’un contrat monumental de 300 milliards de dollars avec OpenAI, le créateur de ChatGPT.

    Oracle et OpenAI collaborent d’ailleurs sur un projet titanesque : la création d’un nouveau centre de données à Abilene, au Texas, dans le cadre du programme “Stargate”, estimé à 500 milliards de dollars.

    Ce consortium réunit des acteurs de tout premier plan : SoftBank, Microsoft, Nvidia et Oracle, pour bâtir ce qui pourrait devenir l’une des plus grandes infrastructures de calcul de la planète.

    Mais malgré ces projets futuristes, le titre Oracle est redescendu en dessous de son niveau d’avant la frénésie de septembre, flirtant avec 200 dollars après les échanges de mercredi soir.

    Une réalité : l’IA attire, mais n’immunise pas contre la volatilité

    La chute d’Oracle rappelle une vérité qui s’impose peu à peu à Wall Street : l’IA ne constitue pas un bouclier automatique contre les corrections de marché.

    Les investisseurs, désormais habitués aux promesses vertigineuses du secteur, exigent des résultats immédiats et à la hauteur des dépenses annoncées.

    Oracle, malgré une croissance solide, a découvert cette semaine que le marché n’offre plus la même indulgence.

    L’entreprise reste toutefois l’un des acteurs les mieux positionnés dans la bataille mondiale des infrastructures IA, un secteur appelé à générer des revenus gigantesques dans les années à venir.

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