L’économiste Aram Belhaj a affirmé, lundi 2 mars 2026, dans une déclaration à Tunisie Numérique, que les retombées économiques de la guerre irano-américano-israélienne sont déjà visibles, notamment à travers la flambée des prix du pétrole, dans un contexte marqué par une forte incertitude et des perturbations potentielles des chaînes d’approvisionnement énergétique.
Selon lui, évoquer une guerre impliquant les pays du Golfe revient inévitablement à parler de points stratégiques majeurs tels que le détroit d’Ormuz, le canal de Suez et le détroit de Gibraltar. Ces passages constituent des axes essentiels du commerce mondial du pétrole, dont dépend également la Tunisie. Toute perturbation des routes énergétiques entraîne donc mécaniquement des répercussions, même si les circuits d’approvisionnement restent techniquement opérationnels, en raison de l’impact immédiat sur les prix mondiaux.
Deux crises potentielles
Aram Belhaj prévoit l’émergence de deux types de crises : la première liée aux canaux d’acheminement du pétrole, la seconde directement liée aux prix du brut sur les marchés internationaux. L’ampleur des conséquences dépendra largement de la durée du conflit.
« Si une solution internationale intervenait rapidement, les prix pourraient revenir à leurs niveaux antérieurs. En revanche, si la guerre se prolonge – ce qui semble probable –, le baril pourrait dépasser les 80 dollars et atteindre jusqu’à 120 dollars », a-t-il estimé.
L’économiste souligne également que l’impact dépendra de l’étendue géographique du conflit, qui ne concerne plus uniquement l’Iran, les États-Unis et Israël, mais touche désormais d’autres pays comme le Qatar, Bahreïn ou encore l’Irak. Une extension durable du conflit représenterait, selon lui, un scénario particulièrement préoccupant pour l’économie mondiale.
Quel impact pour la Tunisie ?
Concernant les répercussions sur l’économie tunisienne, Aram Belhaj distingue deux niveaux d’impact.
Le premier, direct, concerne la hausse de la facture énergétique et son effet sur la caisse de compensation. Une augmentation du prix du pétrole se traduirait automatiquement par une hausse du coût des subventions, aggravant ainsi le déficit budgétaire de l’État.
Le second impact, indirect, toucherait le climat des investissements. « Une guerre élargie dans la région affecte inévitablement la confiance des investisseurs et entraîne un ralentissement des flux d’investissement », explique-t-il. Même si la Tunisie n’est pas directement impliquée dans le conflit, elle pourrait subir les effets d’un environnement régional instable.
Qui profite de la guerre ?
Aram Belhaj estime que certaines entreprises et certains pays exportateurs de pétrole pourraient tirer profit de la hausse des cours, notamment des pays comme l’Algérie ou l’Arabie saoudite. Toutefois, il nuance cette analyse en précisant que l’augmentation des prix du pétrole ne garantit pas automatiquement des retombées positives durables, dans la mesure où un climat de guerre prolongé peut également freiner les investissements et perturber l’activité économique mondiale.
En définitive, l’évolution du conflit et sa durée seront déterminantes pour mesurer l’ampleur réelle du choc économique, tant pour la Tunisie que pour l’économie mondiale.
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