C’est la belle histoire de cette année, elle fait presque autant parler que le général Mamadi Doumbouya, le chef putschiste qui a été « anobli » par l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, qu’il a remportée – ses opposants diraient écrasée – avec 86,72% des voix (il titille les scores du président rwandais). Depuis le 2 février 2026, par décret présidentiel, Patricia Adeline Lamah est la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, dans le gouvernement piloté par Bah Oury…
Cette dame est la preuve que l’ascenseur social fonctionne très bien dans le pays et que tous les rêves sont permis. Ce pur produit de l’entrepreneuriat féminin et du secteur privé a gagné sa place dans l’exécutif guinéen.
Elle a vu le jour en 1987, a grandi dans la capitale guinéenne, Conakry ; elle y a fait presque toute sa scolarité et y a décroché son baccalauréat en 2006. Puis direction l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, pour des études de droit. Elle obtient sa maîtrise en droit privé en 2010.
Tout de suite après elle débute une carrière dans le secteur bancaire. Elle est embauchée à UBA Guinée entre 2011 et 2013 ; ensuite elle travaille à la BCI Guinée, dans des postes en rapport avec les affaires juridiques et le contentieux, jusqu’en 2018.
Parallèlement à la finance elle décide de donner forme à son goût pour la coiffure, notamment les cheveux naturels. En 2017 elle met sur pied Pat’s Natural Beauty, une structure spécialisée dans les coiffures «nappy», avec des salons nichés à Conakry et à Kamsar.*
Très vite sa réputation franchit les frontières du pays, en 2018 elle brille au concours international Koiffure Kitoko en Côte d’Ivoire. Avec cette distinction elle gagne ses galons d’entrepreneure chevronnée en Guinée. Ses deux salons sont un modèle de réussite dans un secteur qui végétait dans l’informel.
Mariée et maman de 2 enfants, Mme Lamah milite pour l’autonomisation des femmes, en donnant son propre exemple. Sa nomination au ministère de la Femme fait oeuvre de pédagogie dans la reconnaissance et la valorisation de l’accomplissement de soi sur le terrain, quels que soient les parcours, pourvu qu’ils reflètent le quotidien des Guinéens lambda…
Dans toute la mesure du possible les ministres doivent ressembler aux citoyens s’ils veulent prétendre comprendre les réalités du pays et remplir efficacement leurs fonctions. En tout cas le génie, l’énergie et la débrouillardise de la dame ne seront pas de trop pour aider le Général-Président à sortir de l’ornière, dans un pays dont le sous-sol est gorgé de richesses mais dont les habitants ne profitent pas, comme tant d’autres scandales géologiques en Afrique..
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