Human Rights Watch : Libérez Samir Feriani

Mme Sarah Leah Whitson, directrice de la division MENA (Middle East and North Africa)  a indiqué “qu’à un moment où de nombreux Tunisiens pensent que les responsables qui ont terrorisé la population sous Ben Ali conservent d’importants pouvoirs au sein de l’institution sécuritaire, le gouvernement provisoire devrait encourager ceux qui tirent la sonnette d’alarme, et non pas utiliser les lois discréditées du gouvernement déchu pour les emprisonner”.
En détention militaire depuis le 29 mai 2011 à la caserne militaire d’El-Aouina, l’officier haut gradé qui dirige un programme de formation d’officiers au ministère de l’Intérieur, avait écrit une lettre au ministre de l’Intérieur, Habib Essid.
Il accusait certains officiels actuellement haut-placés au ministère d’être responsables, selon lui, du meurtre de plusieurs manifestants au cours de la révolution du 14 Janvier ainsi que de graves violations des droits de l’homme. Il affirmait aussi que des archives compromettantes ont été sciemment détruites le 20 janvier, y compris celles de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), qui d’après lui décrivaient les relations de Ben Ali avec le Mossad, l’agence de renseignements israélienne.

Après s’être d’abord adressé au ministre de l’Intérieur, Feriani avait porté ses accusations devant le bureau du Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, a déclaré un de ses avocats, Samir Ben Amor. Peu avant son arrestation, deux journaux tunisiens indépendants, El Khabir (« L’Expert ») et L’Audace, avaient commencé à rendre publiques les accusations de Feriani.
En raison à la fois de son statut d’officier de police et de la nature des accusations, il a été déféré au tribunal militaire plutôt que civil.  Un juge d’instruction de tribunal militaire instruit actuellement au pénal les plaintes constituant une « atteinte à la sécurité extérieure de l’État », de diffuser des informations “de nature à nuire à l’ordre public” et “d’imputer à un fonctionnaire public ou assimilé des faits illégaux en rapport avec ses fonctions, sans en établir la véracité” (selon, respectivement, les articles 61, 121(3) et 128 du code pénal), a rapporté à Human Rights Watch un autre de ses avocats, Mohamed Abbou.

Il est à noter que les verdicts de tribunal militaire ne sont soumis à aucun appel concernant les faits, il ne pourra faire appel du verdict que devant la cour de cassation et l’annulation ne se fera que sur la base d’une erreur au niveau de l’application de la loi ou de la procédure.
Sarah Leah Whitson a aussi souligné le fait qu’ “en le détenant, les autorités découragent d’autres personnes qui voudraient alerter l’opinion, et révèlent à quel point il est urgent, pour la Tunisie post-Ben Ali, d’amender ses lois répressives, en particulier celles qui prévoient des peines de prison pour des délits liés à la liberté d’expression”.

Source : www.hrw.org


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