Le nord du Maroc a été frappé, la semaine dernière, par une séquence de pluies intenses et de crues soudaines ayant provoqué des inondations, d’importants dégâts matériels et un bilan humain lourd. Les autorités ont procédé à des évacuations massives, tandis que la montée des eaux, aggravée par des lâchers contrôlés de barrages proches de la saturation, maintient plusieurs régions sous haute vigilance.
Un drame près de tétouan : quatre morts et un disparu
Selon les autorités locales citées par le ministère de l’Intérieur, au moins quatre personnes ont trouvé la mort après que leur voiture a été emportée par les eaux dans un village près de Tétouan, à environ 270 kilomètres au nord de Rabat.
Le bilan fait état de trois enfants âgés de 2 à 14 ans et d’un homme dans la trentaine. Une autre personne est toujours portée disparue. Une enquête a été annoncée afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Pluies diluviennes et alertes météo
Cet épisode est lié à un système dépressionnaire baptisé Marta, qui a touché le Maroc au cours du week-end. Les cumuls de pluie ont atteint jusqu’à 92 millimètres dans certaines villes du nord, selon la Direction générale de la météorologie marocaine.
Le phénomène météorologique a également concerné l’Espagne et le Portugal, provoquant des perturbations régionales.
143.164 évacués : une opération d’ampleur exceptionnelle
Face au risque de débordement des rivières et barrages, les autorités ont évacué 143.164 personnes des zones exposées dans le nord-ouest du pays, selon le ministère marocain de l’Intérieur.
Dans plusieurs localités, l’armée a été mobilisée pour organiser les opérations d’évacuation et installer des abris temporaires. Des écoles et des universités ont été fermées par mesure de précaution.
La ville de Ksar El Kebir figure parmi les plus touchées. Les autorités locales ont évoqué jusqu’à 85 % de la population évacuée, laissant certains quartiers pratiquement désertés.
Barrages sous pression et lâchers d’eau contrôlés
Les fortes précipitations et la montée du niveau de plusieurs cours d’eau, dont le Loukkos, ont été amplifiées par des lâchers contrôlés depuis des barrages en surcharge.
Le ministère de l’Eau a notamment indiqué que plus de 372 millions de mètres cubes d’eau ont été relâchés depuis le barrage d’Oued Al Makhazine, situé près de Ksar El Kebir. Cet ouvrage, dont la capacité dépasse 672,8 millions de mètres cubes, aurait dépassé son niveau maximal d’environ 46 %.
Ces opérations, destinées à éviter une rupture structurelle, ont toutefois accentué les inondations dans certaines zones en aval. Des routes ont été partiellement coupées, des quartiers submergés et des perturbations ont également touché le transport maritime entre le Maroc et l’Espagne.
Un paradoxe climatique après des années de sécheresse
Les autorités soulignent que ces pluies interviennent après plusieurs années marquées par une sécheresse sévère. Au cours des six derniers mois, le Maroc a enregistré 150 millimètres de précipitations, dépassant de 32,5 % le niveau annuel moyen, selon les données officielles.
Si ces précipitations contribuent à la recharge des réserves hydriques, elles ont aussi causé des dégâts agricoles, notamment sur des cultures d’avocats, de pommes de terre et d’olives, ainsi que des perturbations logistiques.
Dans un contexte de menaces climatiques de plus en plus fréquentes et intenses, cet épisode rappelle la vulnérabilité des zones exposées aux crues soudaines et la nécessité d’un renforcement des dispositifs de prévention et d’alerte.
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