L’Iran a connu, ce jeudi, une coupure totale de l’internet à l’échelle nationale, alors que les manifestations contre la détérioration de la situation économique se poursuivent pour le douzième jour consécutif. Dans ce contexte tendu, le président américain Donald Trump a brandi la menace d’une riposte très dure contre Téhéran en cas de répression violente des protestations.
La plateforme de surveillance du réseau NetBlocks a indiqué, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, que « les données en temps réel montrent que l’Iran connaît actuellement une panne complète d’internet sur l’ensemble du territoire ». L’organisation précise que cette interruption intervient après une série de mesures de censure numérique visant à limiter la communication des manifestants, estimant que ces restrictions portent atteinte au droit des citoyens à s’informer et à échanger dans un moment jugé critique.
Sur le plan international, Donald Trump a affirmé qu’il frapperait l’Iran « très durement » si les autorités tentaient d’écraser les manifestations. Dans une interview accordée au journaliste conservateur Hugh Hewitt, il a déclaré avoir averti Téhéran que « s’ils commencent à tuer des gens, comme ils ont tendance à le faire lors des émeutes, nous répondrons avec une grande fermeté ». Le président américain a évoqué le paiement d’un « prix très lourd » en cas d’escalade violente.
À l’intérieur du pays, le président iranien Masoud Pezeshkian a adopté un ton plus apaisant. Dans un communiqué publié jeudi sur son site officiel, il a appelé à « éviter tout comportement violent ou coercitif », exhortant les forces de l’ordre à faire preuve de « la plus grande retenue ». Il a également plaidé pour le dialogue, l’écoute et la prise en compte des revendications populaires, alors que les tensions restent vives dans plusieurs régions.
Malgré ces appels au calme, des affrontements ont été signalés dans différentes zones, notamment aux abords de la capitale. Selon des médias iraniens, un policier a été mortellement poignardé lors de troubles survenus dans la ville de Malard, à l’ouest de Téhéran. L’agence de presse Fars a identifié la victime comme étant Shahin Dehghan, précisant qu’il avait été tué alors qu’il tentait de contenir les violences, et que les autorités poursuivent leurs investigations pour identifier les responsables.
D’après l’Agence de presse des activistes des droits humains en Iran, basée aux États-Unis, le bilan s’élève désormais à 4 membres des forces de sécurité tués depuis le début des manifestations, ainsi qu’à 34 manifestants décédés. Les autorités iraniennes contestent toutefois ces chiffres, affirmant que le nombre de victimes est nettement inférieur aux estimations avancées par les organisations indépendantes.
La combinaison de la coupure d’internet, des tensions sociales persistantes et des menaces internationales place l’Iran dans une situation particulièrement délicate, alors que la crise économique continue d’alimenter la colère populaire et d’attirer l’attention de la communauté internationale.