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2026-2027

International

Iran : nouvelles sanctions américaines, menace de frappes et pétrole au-dessus de 100 dollars

La tension remonte fortement entre Washington et Téhéran. Au 2 octobre 2026, 107 jours après le mémorandum d’entente conclu le 17 juin et 216 jours après le déclenchement de la guerre, les États-Unis renforcent simultanément leur pression militaire et économique sur l’Iran, tandis que Donald Trump laisse de nouveau ouverte l’hypothèse de frappes.

L’essentiel
  • Les États-Unis déploient environ 9 000 militaires supplémentaires vers le Moyen-Orient avec le groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt et le groupe amphibie de l’USS Makin Island.
  • Le Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions contre les secteurs automobile et ferroviaire iraniens, notamment Iran Khodro, SAIPA et plusieurs compagnies ferroviaires.
  • Le Brent a clôturé le 1er octobre à 102,31 dollars le baril, en hausse de 4,37 % sur la séance, tandis que le WTI a terminé à 92,87 dollars.
  • Selon le FMI, les prix mondiaux du diesel, de l’essence et du carburéacteur ont augmenté de 60 % à 97 % par rapport à leurs niveaux d’avant-guerre.
  • Pour la Tunisie, le choc intervient alors que le déficit énergétique atteint 8,930 milliards de dinars sur les huit premiers mois de 2026, soit un peu plus de la moitié du déficit commercial total.

Washington renforce fortement son dispositif militaire

Les États-Unis ont engagé le déploiement du groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt et du groupe amphibie de l’USS Makin Island vers le Moyen-Orient. Selon l’Associated Press, les deux ensembles transportent plus de 7 000 marins et environ 2 000 Marines, soit près de 9 000 militaires supplémentaires.

Ce renforcement pourrait porter la présence militaire américaine dans la région à plus de 20 000 hommes d’ici la fin octobre. Trois porte-avions américains pourraient alors se trouver dans la zone, un dispositif qui élargit considérablement les options militaires de Washington.

Donald Trump a parallèlement rejeté la dernière proposition iranienne de paix, qu’il juge insuffisante, et a laissé entendre que de nouvelles frappes pourraient être envisagées après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. Le président américain affirme que l’Iran ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire et soutient que ses capacités militaires ont déjà été fortement dégradées. Ces dernières affirmations relèvent de la position américaine et ne peuvent pas toutes être vérifiées indépendamment.

Téhéran assure ne pas fuir les négociations

Le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que Téhéran ne cherche pas à éviter les discussions, tout en accusant Washington d’avoir frappé l’Iran à trois reprises alors que des négociations étaient en cours.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, estime de son côté que la sécurité du détroit d’Ormuz et de la région passe par l’arrêt des actions américaines. Donald Trump affirme pour sa part que les forces navales américaines imposent un blocus et qu’aucun navire iranien n’a pu franchir le détroit depuis plusieurs mois.

De nouvelles sanctions contre l’automobile et le rail iraniens

Le département américain du Trésor a annoncé le 1er octobre une nouvelle série de sanctions visant plusieurs piliers de l’économie iranienne, en particulier les secteurs de l’automobile et du transport ferroviaire.

Les mesures concernent notamment Iran Khodro Company (IKCO) et SAIPA. Selon le Trésor américain, ces deux constructeurs représentent ensemble plus de 90 % du marché automobile intérieur iranien et produisent près de 1,5 million de véhicules par an.

Sont également visées l’Islamic Republic of Iran Railway Company, la Raja Passenger Trains Company et la Railway Transportation Company. Des fournisseurs et intermédiaires basés notamment en Indonésie, aux Émirats arabes unis, en Turquie et à Hong Kong figurent aussi parmi les entités sanctionnées.

Ces mesures s’inscrivent dans l’Operation Economic Outcast, annoncée le 24 août 2026 par le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Washington affirme vouloir réduire les revenus et les capacités logistiques utilisés par les autorités iraniennes pour soutenir leurs activités militaires et contourner les sanctions.

Le détroit d’Ormuz reste le principal point de tension

Selon des données confidentielles rapportées par le New York Times et attribuées à un responsable sécuritaire occidental, l’Iran aurait mené depuis début août une moyenne d’environ 30 attaques de drones et 10 attaques de missiles antinavires par semaine contre des navires commerciaux transitant dans le détroit. La même source fait état d’au moins quatre navires commerciaux visés au cours des dix derniers jours.

Ces chiffres ne constituent pas un bilan officiel iranien. Des données de suivi maritime de MarineTraffic ont par ailleurs fait apparaître le 1er octobre une circulation quasiment interrompue pendant plusieurs heures dans le détroit. Ces données doivent cependant être interprétées avec prudence, certains navires pouvant désactiver leur système AIS pour des raisons de sécurité.

Le Brent reste au-dessus de 100 dollars

La guerre continue de se transmettre directement aux marchés de l’énergie. Jeudi 1er octobre, le Brent a bondi de 4,37 %, soit 4,28 dollars, pour clôturer à 102,31 dollars le baril. Le WTI américain a terminé à 92,87 dollars, en hausse de 2,45 dollars.

Le problème ne se limite plus au pétrole brut. Le Fonds monétaire international a indiqué le 1er octobre que les prix du diesel, de l’essence et du carburéacteur ont progressé de 60 % à 97 % par rapport à leurs niveaux d’avant-conflit. Le FMI attribue cette flambée à la perte d’une partie des capacités de raffinage du Golfe et au fait que les autres grands centres de raffinage fonctionnent déjà près de leur capacité maximale.

L’Europe sous pression sur ses réserves de diesel

La crise touche désormais directement les stocks stratégiques européens. Washington a demandé à la France et à l’Allemagne d’envisager une libération d’environ 120 millions de barils sur six mois. Selon Reuters, l’Allemagne détient environ 5,6 millions de tonnes de diesel et de gasoil d’urgence et la France 8,2 millions de tonnes, soit ensemble près de 35 % des réserves de ce type dans l’Union européenne.

L’Agence internationale de l’énergie avait déjà coordonné une libération mondiale de 400 millions de barils, l’Union européenne devant en fournir environ 20 %. Dans le même temps, la Chine a suspendu ses exportations de produits pétroliers pour octobre, hors Hong Kong et Macao, et la Russie maintient des restrictions sur ses exportations de diesel, ce qui accentue la tension sur le marché mondial.

Tunisie : le risque d’une facture énergétique encore plus lourde

Pour la Tunisie, une prolongation de prix élevés du pétrole et des carburants raffinés représente un risque direct sur la facture énergétique. Selon l’Institut national de la statistique, le déficit commercial énergétique a atteint 8,9302 milliards de dinars durant les huit premiers mois de 2026, contre 7,148 milliards sur la même période de 2025, soit une aggravation de 1,7822 milliard de dinars.

Les importations de produits énergétiques ont augmenté de 28,5 % sur un an. Le déficit commercial total de la Tunisie s’est établi à 17,8538 milliards de dinars fin août, ce qui signifie que l’énergie représente à elle seule un peu plus de 50 % du déficit total. Hors énergie, le déficit ressort à 8,9237 milliards de dinars.

Une hausse durable des cours internationaux pourrait donc accentuer les besoins en devises et les coûts d’importation, avec des effets possibles sur le transport, la production industrielle et les mécanismes de compensation. Il convient toutefois de distinguer cette exposition de l’évolution actuelle des prix à la consommation : l’INS a mesuré une inflation de 5,4 % en août 2026, contre 5,1 % en juillet, sans que cette accélération puisse être attribuée à la seule guerre en Iran.

La suite dépendra principalement de l’évolution des négociations entre Washington et Téhéran et du niveau réel de circulation dans le détroit d’Ormuz. Une nouvelle séquence de frappes pourrait remettre immédiatement sous pression le pétrole brut, les carburants raffinés et les coûts de transport internationaux.

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