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Israël : la Cour suprême donne une énorme claque à Netanyahu, Victoire pour 3 ONG israéliennes, pour les Gazaouis

Israël : la Cour suprême donne une énorme claque à Netanyahu, Victoire pour 3 ONG israéliennes, pour les Gazaouis

C’est un jugement historique, aux allures de camouflet pour un Premier ministre qui refuse ostensiblement de baisser le tempo sur sa furie meurtrière, qui envoie balader la voix de l’Humanisme, d’où qu’elle vienne, même de ses plus proches alliés. Cette fois Benjamin Netanyahu, qui a même tenu tête à son premier fournisseur d’armes, le président Joe Biden, devra se plier. On ne badine pas avec les jugements de la Cour suprême israélienne, pas dans cette démocratie. Le Premier ministre, englué dans les procès pour corruption, a tout tenté pour réformer la Justice et la mettre sous sa botte, il a échoué.

Défaite pour Netanyahu, victoire pour les organisations non gouvernementales (ONG) israéliennes qui avaient déposé une plainte devant la plus haute juridiction du pays. Elle a ordonné hier mardi 15 octobre au gouvernement de donner des explications sur l’inexistence d’un système d’évacuation des malades de Gaza. La Cour ne comprend pas que les Gazaouis soient punis collectivement, même ceux qui n’ont rien à voir avec la guerre entre le Hamas et Tsahal, et qui ont besoin de traitements urgents dans d’autres pays.

Netanyahu devra vite corriger le tir. D’après le New York Times cette injonction des juges suprêmes est la résultante d’une pétition déposée par 3 ONG israéliennes de défense des droits humains, au début de juin 2024. Le texte avait été transmis dès que l’armée israélienne s’était emparé du poste-frontière de Rafah en mai dernier, bouchant le dernier passage vers l’Égypte, même pour les cas critiques.

Cet endroit permettait notamment l’évacuation de malades ou de blessées, comme l’indique Adi Lustigman, avocate de Physicians for Human Rights – Israel, une des ONG qui ont initié la pétition. «Avant la fermeture, environ cinquante personnes pouvaient être évacuées chaque jour, et même ce chiffre ne représentait qu’une goutte d’eau dans l’océan des malades et blessés qui devaient être pris en charge. Puis Israël a fermé la frontière, et les évacuations médicales ont été interrompues», dit la source.

Il y avait les médecins israéliens qui militent contre leurs collègues anti-Palestiniens, il y a désormais les ONG. La pétition n’exigeait pas nécessairement que les patients soient transférés à l’étranger, mais juste qu’on ne leur ferme pas la porte des soins médicaux. D’après Adi Lustigman, «pour des raisons de sécurité, Israël préfère qu’aucun Gazaoui, même malade ou blessé, se rende dans un pays tiers»…

Une mesure draconienne qui se fonderait sur le sentiment général dans l’Etat hébreu : «L’opinion publique s’oppose très fortement à notre pétition», ajoute l’avocate. Elle est d’avis qu’Israël est responsable des civils gazaouis, puisque le pays dicte sa loi sur la bande de Gaza et ses frontières. «L’État est soumis aux principes fondamentaux du droit israélien […] et, en vertu des traités internationaux, il a aussi des obligations à l’encontre des civils», a-t-elle asséné.

L’arrêt de la Cour suprême est adressé à l’État, au ministre de la Défense Yoav Gallant et à l’autorité en charge de la coordination humanitaire à Gaza, appelée communément en français «Administration civile israélienne dans les Territoires palestiniens». Ils ont jusqu’au 11 novembre prochain pour s’exécuter. Le ministère de la Justice a refusé de commenter cette injonction…

 

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