Le président de la République, Kais Saied, a reçu, dans l’après-midi du 9 janvier, au palais de Carthage, Fadhila Gargouri, premier substitut du président de la Cour des comptes. À cette occasion, elle lui a remis le rapport annuel général de l’année écoulée, accompagné de plusieurs rapports sectoriels mettant en lumière de graves dysfonctionnements au sein d’organismes publics.
Les travaux de contrôle menés par la Cour des comptes ont révélé des irrégularités majeures. Dans onze structures publiques seulement, les pertes ont été estimées à environ 1 070 millions de dinars. Parmi les cas les plus marquants figurent Tunisair, dont les pertes dépassent 316 millions de dinars, ainsi que l’Office de la marine marchande et des ports, avec des pertes évaluées à près de 291 millions de dinars. Les rapports pointent notamment des versements de salaires, primes et indemnités sans fondement légal, aggravés par une faiblesse des mécanismes de contrôle et de suivi.
Commentant ces chiffres, le chef de l’État a estimé qu’ils reflètent l’ampleur d’un effondrement et d’un sabotage systématiques qu’a connus le pays. Il a souligné la nécessité de tirer toutes les conséquences juridiques de cette corruption, rappelant que le peuple tunisien a le droit de récupérer intégralement les fonds détournés. Si les rapports sont essentiels, a-t-il insisté, les décisions et actions qui doivent en découler le sont tout autant.
Le président de la République a également appelé à réviser plusieurs textes législatifs et à éradiquer les causes structurelles ayant conduit à cette situation, qu’il juge intenable. Il a rappelé que la reddition des comptes et la responsabilité constituent un droit légitime du peuple, dont les ressources ont été spoliées et les droits bafoués.
Enfin, Kais Saied a précisé que l’objectif n’est pas de mettre en place des juridictions de règlement de comptes, mais de garantir une Cour des comptes pleinement opérationnelle et une justice efficace et équitable dans l’ensemble des tribunaux, quels que soient leurs domaines de compétence.
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!
