L’avocat de Saïda Agrebi: La décision d’extradition ou non revient en dernier ressort au Gouvernement français

La décision définitive d’extradition de Saïda Agrebi,  ancienne présidente de l’Association des mères de Tunisie (AMT)  revient en dernier ressort au Gouvernement français, a affirmé Xavier Nogueras, son avocat.

Dans un entretien accordé, mercredi 21 mars 2012 à radio Express Fm, Me Xavier Nogueras a souligné que bien que l’affaire de Mme Saïda Agrebi soit examinée par la Chambre  d’accusation près la Cour d’Appel de Paris et que la base juridique repose sur le code français de procédure pénale  et la convention d’entraide judiciaire signée entre la Tunisie et la France, le Gouvernement peut suivre ou pas l’avis de cette juridiction  en vue de l’extradition ou de la non-extradition de sa cliente.

Procès politique plutôt que judiciaire

En réponse à une question sur les chances que le Tribunal donne un avis d’extradition ou de non-extradition, Me Xavier Nogueras a affirmé qu’il faut,  d’abord, que les sanctions encourues par le prévenu dans le pays requérant soient conformes à celles appliquées en France. Il a, à ce propos, indiqué qu’il y a de fortes présomptions  sur l’existence de risques que le procès qui attend sa cliente en Tunisie soit plus politique que judiciaire.

Xavier Nogueras avocat français à indiqué que des soupçons existent que Mme Saïda Agrebi  ne bénéficiera pas d’un procès équitable citant, à titre d’exemple, le fait que son avocat en Tunisie n’a pas depuis 8 mois eu accès aux documents du dossier la concernant dans l’affaire déposée devant les juridictions du pays.

Il a donné aussi l’exemple du comité d’accueil qui a été organisé à l’aéroport de Tunis le jour où il était question de l’extradition immédiate de sa cliente, affirmant que ce comité d’accueil comprend des personnes « suspectes ».

Des documents des autorités tunisiennes pour circuler librement

Me Xavier Nogueras a ajouté que Mme Saïda Agrebi ne fuit pas son pays et qu’elle est prête à revenir en Tunisie pour peu que les conditions d’un procès équitable soient réunies et garanties, révélant que sa cliente dispose de courriers- documents attestant que les autorités tunisiennes l’autorisent à circuler librement.
Ces documents, a-t-il dit, seront présentés lors de son procès qui était prévu, pour ce mercredi 21 mars 2012, et reporté à une date ultérieure.

Aucun rapport avec l’ancien régime

Il a indiqué que sa cliente n’a aucun rapport avec l’ancien gouvernement tunisien et qu’elle travaille uniquement dans le domaine associatif en tant que militante de la cause des femmes en s’opposant au port du voile intégral, à l’excision et en prônant l’égalité des sexes ainsi que la nécessité pour la femme de disposer de son corps.

Me Nogueras  a reconnu que dans le cadre de ses activités, Mme Agrebi aurait pu avoir un dialogue avec l’ancien Gouvernement pour promouvoir la cause de la femme, affirmant qu’elle n’a jamais occupé un poste ministériel ni autre  fonction à part celle de député.

Ne pas en faire un bouc-émissaire

Évoquant le poids de l’opinion publique dans cette affaire, Me Xavier Nogueras a indiqué que la plupart des français ont une grande admiration pour les Tunisiens qui ont réalisé une révolution contre l’ancien régime, affirmant  que sa cliente a été malmenée, outragée  et insultée dans la presse tunisienne.
Des montages vidéos ont été réalisés pour ternir son image, a-t-il affirmé.

Il a affirmé aussi que la réputation dont jouit Saïda Agrebi en France est bonne  et a précisé que les témoignages qu’il a reçu de personnalités internationales  sur sa cliente sont très positifs à son égard.

Me Xavier Nogueras a déclaré comprendre que les Tunisiens soient frustrés de n’avoir pas arrêté les responsables de l’ancien régime, en allusion au président Ben Ali, affirmant que ce n’est pas une raison pour faire de sa cliente un bouc-émissaire.

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