La « Cheikha » de Tunis, cherche l’argent dans les poches des citoyens…

Le conseil municipal de Tunis a décidé d’augmenter les tarifs des parkings, du stationnement, des sabots et du remorquage par grue. Cette décision était prise en marge de la réunion du conseil municipal organisée le vendredi 29 mai dernier. Le maire de Tunis Souad Abderrahim a annoncé qu’un ajustement sera appliqué sur les prix des parkings privés et publics. Ces hausses de prix, d’après le maire, interviennent pour soutenir la situation économique du pays.

Cette explication semble peu cohérente du fait que la municipalité dispose d’une autonomie budgétaire et que ni ses recettes ni ses dépenses n’affectent les équilibres économique et financiers nationaux.

Ainsi et à titre indicatif, pour les parkings municipaux, les prix passeront de 2.000 dinars à 2.500 dinars soit une hausse de 25%. Les tarifs des abonnements mensuels aux parkings se sont accrus pour les abonnements du jour de 17%. Pour le stationnement sur la voie publique, la hausse est de  l’ordre de 13%.

Idem pour les sabots et le remorquage municipal où la hausse varie de 11 à 43%. Ces augmentations n’obéissent à aucune logique économique du fait qu’elle dépasse le niveau de l’indice des prix à la consommation (6.3% fin avril 2020) – qui mesure l’inflation – de 2 à 7 fois notamment pour les infractions, d’autant plus que celles-ci ont été décrétées à un moment où, selon un rapport officiel, il est prévu que les ménages perdront, suite à la crise Covid-19, de leur revenus en moyenne 360 dinars (113 euros) soit à peu près le salaire minimum garanti (SMIG) qui est de 403 dinars tunisiens (126 euros) par mois.

Rappelons que malgré sa disposition d’un budget relativement important qui s’élève au titre de l’année en cours à environ 196.9 millions de dinars, les services de la municipalité de Tunis ne cessent de se dégrader.

Cette dégradation s’illustre particulièrement au niveau de l’hygiène publique en général et en l’occurrence en ce qui concerne la levée des déchets, et leur recyclage, la pollution chaotique de « Sebkhat Sijoumi », le faible recouvrement des taxes et redevances municipales, la quasi-absence d’actualisation des plans d’aménagement, le délabrement des jardins d’enfants et des crèches municipales et le niveau faible de l’investissement dans le sport et les parcs de loisirs notamment dans les quartiers populaires.

D’autres insuffisances pourraient être citées et sont relatives surtout à la transparence de la gestion budgétaire. A ce titre, un rapport sur « la performance de la gestion des finances publiques à la municipalité de Tunis » élaborée en 2016 dans le cadre du programme mondial « Dépenses Publiques et Responsabilité Financière » a indiqué qu’niveau de la Mairie de Tunis, il n’existe ni un programme de réforme de la gestion des finances publiques ni des structures explicitement chargées de mettre en œuvre les réformes au niveau municipal.

Le rapport a souligné l’importance de passer d’une approche basée sur la fourniture de services d’infrastructure à une approche qui met en évidence la performance et la responsabilisation des collectivités locales.

De ce fait, les hausses excessives décidées récurèrent par la municipalité dans une ville où la circulation aussi bien des piétons que des voitures et des moyens de transport public est extrêmement pénible et périlleuse n’a pratiquement de sens surtout que les recettes municipales prévues pour 2020 (132.9.4 millions de dinars) dépassent largement l’enveloppe allouée aux investissements directs qui ne dépassent pas 36.2 millions de dinars pour une agglomération de 938.861 habitants d’après le dernier recensement de 2014, soit 36.8 dinars par habitant.

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