Economie

La compétence et l’innovation VS Bureaucratie : Le cas Moez Chakchouk

La compétence et l’innovation VS Bureaucratie : Le cas Moez Chakchouk

La Poste tunisienne et son ex-PDG et représentant légal, actuel ministre du Transport, Moez Chakchouk viennent d’être condamnés, en première instance, pour une amende globale de 781 millions de dinars.

L’affaire concerne des transactions vers l’étranger via un service financier international de transfert d’argent, partenaire de la Poste et d’autres établissements bancaires de la place.

Malheureusement et bien qu’il s’agisse d’une affaire qui concerne un volet strictement procédural et de marketing des opérations de transferts, certains se sont activés pour glaner leur patriotisme en tant que dénonciateurs d’une grande affaire de « corruption », un qualificatif utilisé depuis des années à tort et à travers surtout pour régler tout genre de comptes.

Toutefois, l’affaire a été abordée à la suite d’une opération de contrôle de de la BCT au sujet de transactions effectuées entre 2012 et 2016 comportant quelques vices de forme et des incompatibilités avec le code des changes et du commerce extérieur régi par une loi remontant au 21 janvier 1976 et amendée à quelques occasions notamment au cours des années 1990…

Le contrôle de la BCT a révélé quelques anomalies qui ne sont liés ni de près ni de loin à la personne de Moez Chakchouk qui était en 2017, PDG de la Poste et évidemment son représentant légal. Ces vices concernent essentiellement le système informatique des virements, la nature du contrat avec le partenaire financier et quelques autres détails d’ordre commercial et de marketing.

Faut-il rappeler qu’en 2004, une affaire similaire a concerné deux grandes banques de la place et s’est soldée par des condamnations en première instance de certains de leurs employés à des amendes de centaines de millions de dinars. Ceux-ci ont été tous acquittés, en cassation, du fait de la correction des qualifications des actes, faites sur la base d’interprétation des procédures réglementaires en matière de change.

Ainsi, Le tort de Moez Chakchouk, ingénieur-docteur en mathématiques, haut fonctionnaire de l’administration tunisienne, expert international et  ex- sous-directeur général pour l’information à l’UNESCO était sa volonté de moderniser les processus du travail pour innover une grande institution  et travailler dans les normes internationales, dans un contexte réglementaire archaïque et obsolète.

A maintes reprises, des experts et des officiels ont attiré l’attention au fait que la bureaucratie est l’une des principales entraves du développement et de l’investissement en Tunisie. On évoque, à ce titre, qu’à l’administration, il y a, aujourd’hui, plus de 400 mesures bureaucratiques, appuyées par des lois, des décrets et des réglementations non nécessaires, qui bloquent, directement ou indirectement, le processus de développement.

Des organismes internationaux avaient alerté, depuis des années, les autorités tunisiennes sur l’existence des dizaines de lois promulguées visant à servir, des intérêts particuliers de certaines parties en l’occurrence dans les domaines de la douane et de l’investissement.

De toute évidence, c’est Moez Chakchouk et la volonté de moderniser qui sont aujourd’hui condamnés e à une amende astronomique et rien d’autre.

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