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La confidence surréaliste de Trump sur les deux responsables iraniens qui ont « vendu » Khamenei

    Stephan Zeev Goldin, un analyste sécuritaire qui a commandé une unité d’élite de l’armée israélienne (imaginez toutes les souffrances qu’il a infligées aux Palestiniens), a dit depuis des semaines sur le plateau de LCI, bien avant l’attaque du 28 février en Iran, qu’il fallait se préparer à quelque d’encore plus spectaculaire que les bippers qui ont décimé les cadres du Hezbollah libanais. Effectivement on l’a vu avec l’élimination du plus haut responsable de la République islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei. Le même haut gradé israélien avait dit et redit, sur la même chaîne française, que les frappes ont été calées dès décembre dernier, lors de la visite du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, chez son « meilleur ami« , Donald Trump.

    Les deux « espions » iraniens de Trump et leur fin tragique

    On le sait maintenant, les soi-disant négociations autour du nucléaire iranien étaient du vent, un écran de fumée, Washington et Tel-Aviv ont floué les Mollahs iraniens. Netanyahu et Trump ont berné le monde entier qui guettait les aller-retour à Oman en se disant que les Américains parlementaient de bonne foi et qu’il était possible d’éviter à l’humanité un autre cataclysme alors que le feu n’est pas éteint en Ukraine. Ils ont mis le doigt dans un engrenage dont personne ne sait ce qui en sortira et quand on en sortira.

    Mais ce qui est plus terrifiant encore, de désinvolture, d’insouciance, d’inconséquence, d’irrationalité, d’irresponsabilité, de folie, etc., c’est la confidence publique du président américains sur les trois « taupes » dans le cercle de Khamenei, de hauts responsables que les USA et Israël auraient réussi à retourner. Ce sont ces membres de la garde rapprochée du Guide suprême qui l’auraient « vendu »… A quel prix ? Il faut poser la question à celui qui a déballé ça dans une interview, Trump. Il ne fait que des choses qui ne se font pas pour un homme de son rang.

    Il n’a pas dit que ça, il a ajouté que son armée a tellement bien caché son jeu que même ses taupes iraniennes n’avaient aucune idée de ce qui se tramait. Résultat des courses : deux sont décédées dans le premier assaut qui a emporté l’Ayatollah. Patatras : c’est deux des trois noms sur la liste de Trump pour remplacer Khamenei. Un président qui dit ça comme ça, qui joue de la sorte avec les instruments de la mort comme s’il avait tué des moustiques…

    Le sentiment de toute-puissance n’a plus aucune limite : il n’est lesté ni par la morale ni par le Droit international. On parle de ça à un pays – Israël – qui a battu tous les records de condamnations et résolutions de l’ONU piétinées. On parle de ça à un type – Trump – qui couvre toutes les horreurs, tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité de l’Etat hébreu. Il faudra bien que quelque chose arrête ce couple infernal. Pour le président américain ça pourrait très bien être ses propres électeurs au scrutin législatif de mi-mandat (midterms), en novembre prochain…

    Quant à Netanyahu, il a confié dernièrement que l’Iran et la traque des Mollahs est le combat de sa vie, une obsession qui le haute depuis 40 ans dit-il. Pour cela il est prêt à plonger toute une région, le monde, dans un chaos indescriptible. Il soutient qu’il est obsédé par la sécurité et la survie des siens. S’il était vraiment obnubilé par ça, que par ça, pourquoi il ne s’intéresse pas aux causes profondes qui ont fait que le fondateur de la République islamique iranienne, l’Ayatollah Rouhollah Khomeini, a juré la destruction d’Israël en 1979 ?

    La martyrologie iranienne, les jérémiades saoudiennes et émiraties

    C’est le sort réservé aux Palestiniens depuis 77 ans qui est la cause du combat à mort entre Téhéran et Tel-Aviv. Si réellement Netanyahu voulait y mettre un terme le plus simple serait de commencer par donner à la Palestine ses droits élémentaires, cesser de voler des terres, de coloniser, d’assassiner, de massacrer.

    La cause des Palestiniens n’est en réalité portée que par les Iraniens, alors que les autres, surtout les pays du Golfe, se couchent, rasent les murs et pire : normalisent avec les bourreaux des Palestiniens. Et maintenant l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et compagnie jactent, gémissent et pleurent parce que des missiles et drones leur tombent sur la tête…

    Qu’ils aillent se plaindre chez ceux – Netanyahu et Trump – qui ont fomenté cette guerre en rêvant de gains politiques et géostratégiques. Derrière la liquidation de Khamenei il y a aussi ça, et certainement pas ces histoires fallacieuses de menace nucléaire alors que les négociations étaient en train de les résoudre.

    Le président américain s’y voit tellement qu’il a déclaré qu’un membre du gouvernement iranien – il ne dira pas qui – l’a appelé pour pactiser avec lui. Il avait déclaré dans la foulée qu’il a trois hommes de main – de « bons » responsables iraniens – fin prêts pour prendre le pouvoir (il a liquidé les deux). Trump ne s’est pas rendu compte qu’en parlant de la sorte il légitime les dignitaires du régime, alors qu’il a demandé à la jeunesse iranienne de balayer (avec ses mains, des mains face à des armes) tous ces gens aux mains tachées de sang.

    Mais encore faut-il que Trump soit capable de voir quelque chose, de lire quelque chose dans la complexité du cataclysme qu’il a enclenché. George W. Bush s’est offert la tête de Saddam Hussein, Barack Obama a eu celle d’Oussama Ben Laden, celle du général Qassem Soleimani ne suffisait pas au bonheur de l’actuel président américain, il lui fallait une plus grosse : ce sera celle de l’Ayatollah.

    La Maison-Blanche y est, il faudra maintenant qu’elle en assume toutes les conséquences, qui iront bien au-delà des règnes de Trump et Netanyahu.

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