Economie

La corruption financière à la Télévision Tunisienne : Article censuré de Kaouthar Hkiri

Cet article de la journaliste tunisienne Kaouthar Hkiri a été censuré à la presse tunisienne après la révolution. Intitulé “La corruption financière à la télévision tunisienne… Le Journal télévisé mauve coûte 500 mille dinars de récompenses par an”, l’article révèle des faits et des actes scandaleux de certains responsables et “journalistes” à “Tunisie7” ou la télévision nationale mauve.

La télévision tunisienne vit, ces derniers jours, l’une de ses pires périodes qui vient de s’ajouter au solde de l’échec et de la mauvaise gestion de plusieurs années. Le sit-in des journalistes de la télévision tunisienne pour protester contre “Sadok Bouabben” et «Bashir Hmaidi”, étant un droit constitutionnel, a aggravé la situation. Les opinions étaient  divers à ce sujet mais cela n’empêche que les fonctionnaires dans les institutions publiques (et  la télévision tunisienne  en est un ) sont appelés à assurer un minimum de services aux citoyens… L’absence des journaux télévisés vendredi 28 février dernier, à la télévision tunisienne constitue une première dans l’histoire de l’information publique qui ne va certainement pas passer sans répercussions sur les différentes parties …

D’un autre coté, il semble que certains des bénéficiaires de l’ancien régime ont réussi à s’infiltrer au paysage révolutionnaire en se présentant comme étant les hommes et les femmes de la période révolutionnaire. Ils étaient à l’avant-garde des manifestants devant la télévision et sur les pages de Facebook et là où il y a des médias pour marquer leur présence à la révolution …

Selon des informations fiables issues de plusieurs documents, la corruption financière dans l’établissement de la télévision tunisienne n’est pas moins dangereuse que les affaires de corruption à la Société Cactus Production.

Les coûts du Journal télévisé de 20h ont atteint 500 mille dinars par an, dédiés seulement pour les récompenses. Et comme vous le savez tous, ce journal est consacré aux nouvelles du Général déchu et sa femme, et empêche tout ministre d’y intervenir.

L’ancien rédacteur en chef du journal de 20h “Najeh Missaoui”, également enseignant à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information, a touché 56 mille dinars sous forme de récompenses en sus de  son salaire. Cette même personne s’est dirigée aux studios de la chaine Al Jazeera accompagnée par la journaliste “Arem Rjaibi” pour parler au nom des journalistes en grève entre mai 2008 et décembre 2010. Personne ne peut oublier les longues expressions de loyauté et de reconnaissance que présentait Najeh Missaoui au journal de 20h, ce qui a fait de lui l’un des journalistes d’élite qui sont soigneusement sélectionnés pour accompagner Ben Ali lors de ses visites à l’étranger …

La corruption financière dépasse le journal de 20h pour parvenir à l’avocate “Amel Chahed” qui a paru récemment dans l’image de la militante qui lutte contre la ligne éditoriale de la télévsion nationale. Cette avocate – journaliste a écrit une pétition contre  “Sadok Bouabban” l’actuel directeur de la télévision nationale, mais n’a pas trouvé le soutien de collègues … Les documents prouvent que «Amel Chahed” a obtenu en 2008 un montant de 600 dinars pour chaque émission “Essif Dhif”, qu’elle a présenté à cette époque deux fois par semaine,  soit 1200 dinars par semaine… En dehors des mois de Juillet et Août, “Amel Chahed” ne présente aucun programme… et malgré cela elle reçoit régulièrement son salaire, le temps que des centaines de jeunes diplômés de l’Institut de la Presse et des Sciences de l’Information (IPSI) sont toujours à l’attente de leur chance si elle viendra un jour…

Autre niveau de la corruption financière, l’émission “Nessmet Sbeh” dans sa première édition. Sa présentatrice”Zakia Lehdigi” (en CDI à la radio nationale sans exercer aucune action réelle depuis des années) a été payé 250  dinars par jour pendant un an et demi, soit 1500 dinars par semaine

Quant à  “Mona Hidri”, elle a botenue 13 000 mille dinars en deux ans seulement, pour la présentation d’un programme  associatif spécialisé dans la valorisation de l’image de l’association “BASMA” de Leila Trabelsi …

Pour tout ces faits et bien d’autres issue de l’héritage de longues années de “corruption” dans les différentes facettes de la télévision tunisienne,  les Tunisiens attendent que le gouvernement de transition traite  plus sérieusement ce problème. Peut-être que l’annonce de la désignation d’un comité indépendant pour superviser le secteur médiatique, constitue la première étape sur la bonne voie pour purger les institutions  médiatiques publiques des personnes corrompues …

Pour ceux qui ont parié sur leur présence sur Facebook, nous ne pensons pas qu’ils seront encore capables de tromper les Tunisiens…

Lien de l’article en langue arabe.

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