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La course à l’armement au Maghreb : Après la Libye le Maroc s’offre les missiles air-air « les plus modernes du monde »

La course à l’armement au Maghreb : Après la Libye le Maroc s’offre les missiles air-air « les plus modernes du monde »

    Le partenariat militaire entre les USA et le Maroc s’étoffe. Après les missiles Javelin et les avions F-16 de dernière génération (certes pièces seront produites au Maroc), les missiles air-air de moyenne portée AIM-120C-8 AMRAAM, « les plus modernes du monde« . Ces équipement seront livrés avec « leurs sous-ensembles critiques de guidage, des systèmes de test et de reprogrammation embarqués, des logiciels classifiés et un dispositif complet de soutien industriel et logistique« .

    Le contrat monte à 88,37 millions de dollars (environ 885 millions de dirhams), il est consigné officiellement dans le Registre fédéral. A noter que ce document précise la nature exacte des matériels concernés, leur niveau de classification, les modalités d’exportation validées par les autorités américaines et les garanties imposées en matière de protection technologique (comprenez contre l’espionnage industriel).

    Le Département américain de la défense a publié le 8 janvier 2026 une notification officielle relative à cette transaction. L’opération a été portée sur la place publique par l’Agence de coopération pour la sécurité de défense (DSCA) et communiquée au Congrès des USA, comme le stipulent les dispositions de la section 36(b) de la loi américaine sur le contrôle des exportations d’armement.

    Le même document indique que l’acheteur est Rabat et que les fonds sont puisés dans le Trésor public marocain. Dans le détail la facture des gros des équipements monte à 69,13 millions de dollars (quelque 692 millions de dirhams) et celle des éléments complémentaires est évaluée à 19,24 millions de dollars (près de 192 millions de dirhams)…

    La vente porte «jusqu’à trente missiles AIM-120C-8 de type Advanced Medium Range Air-to-Air Missile et une section de guidage AIM-120C-8». Dans le lot il y a également «des kits de télémétrie AMRAAM, des sections de commande de rechange et des conteneurs», auxquels s’ajoute une large palette de matériels et services techniques.

    Le département américain de la défense argue dans son exposé général que ce contrat «soutient la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d’un allié majeur non membre de l’Otan, qui demeure une force importante de stabilité politique et de progrès économique en Afrique du Nord»

    La même source dit du Maroc qu’il est doté des capacités institutionnelles et opérationnelles requises pour faire en sorte que ces équipements s’intègrent parfaitement dans l’arsenal des forces armées royales. L’administration américaine est convaincue que ces missiles permettront au permettront au pays de disposer de munitions air-air «capables de répondre aux exigences opérationnelles actuelles».

    Il est question d’aider le royaume «à faire face aux menaces actuelles et futures en assurant la sécurité de ses frontières et de ses eaux territoriales, en luttant contre le terrorisme et les trafics illicites, et en utilisant sa flotte récemment acquise de F-16 Block 72».

    L’AIM-120C-8 est décrit dans le document comme «un missile d’interception aérienne lancé depuis un aéronef, à vitesse supersonique, doté de technologies numériques et d’une électronique à semi-conducteurs micro-miniaturisée». La même source ajoute que ses propriétés englobent «la détection et l’engagement de cibles en environnement de survol du relief, des lancements multiples contre des cibles multiples, une résistance aux contre-mesures électroniques, et l’interception de cibles évoluant à haute ou basse altitude, y compris des cibles manœuvrantes».

    Toutefois la notification rappelle le niveau de classification relatif à ces matériels et services. Il est mentionné que «le niveau de classification le plus élevé des articles de défense, composants et services inclus dans cette vente potentielle est secret». Le document souligne que dans le cas où «un adversaire technologiquement avancé obtiendrait une connaissance des éléments matériels et logiciels spécifiques», cela justifierait des actions «pour développer des contre-mesures susceptibles de réduire l’efficacité du système d’armes ou pour concevoir un système aux capacités similaires ou supérieures».

    Bref, la confiance règne entre Rabat et Washington, mais comme on dit « la confiance n’exclut pas le contrôle ». Les USA disent à ce sujet qu’après examen minutieux des assurances offertes par le Maroc, «une détermination a été faite selon laquelle le Royaume du Maroc peut fournir un degré de protection substantiellement équivalent pour la technologie sensible libérée à celui assuré par le gouvernement des États-Unis».

    Nous verrons bien. Ce qui est certain c’est que les liens entre la Maison-Blanche et le pays nord-africain mais surtout les relations très spéciales entre le Maroc et Israël sont pour beaucoup dans la décision des Etats-Unis sur cette vente. On sait que la seule boussole pour Donald Trump est le profit et qu’il ne résiste pas aux gros chèques, mais la dimension géopolitique joue également. Les Américains ne vendent pas n’importe quoi à n’importe qui, surtout quand il s’agit d’armes de ce niveau.

    Clairement la course à l’armement est lancée en Afrique du Nord. Rappelons qu’en décembre dernier le maréchal Khalifa Haftar, le maître de l’Est et du Sud libyens, a pactisé avec le Pakistan pour lui fournir des équipements militaires, un marché qui monte à 4 milliards de dollars. Et puis n’oublions pas l’Algérie, leader incontesté des dépenses miliaires sur le continent ; Alger suit tous ces développements de très près.

     

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