Donald Trump, on le sait, est capable de tout, le pire très souvent. Il a commencé quelques minutes à peine après son retour à la Maison Blanche et depuis il s’est juré que pas un jour ne passera sans qu’on parle de lui, en mal évidemment. Il sature tellement l’espace médiatique mondial que même en France c’est le nom du président américain qui a été le plus cité en 2025. C’est vous dire la débauche d’énergie du républicain pour s’assurer un funeste vedettariat. Sa dernière lubie : le Groenland. Pour ce territoire à qui on prête moult richesses enfouies il est prêt à frapper ses amis européens de droits de douane, alors qu’ils pensaient l’avoir acheté à coups de centaines de milliards de dollars.
Si le ridicule tuait ça se saurait
Trump est capable de tout disait-on, il en a fait la démonstration avec une lettre surréaliste qu’il a osé envoyer au Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store. Il y dit qu’étant donné qu’Oslo a refusé de lui décerner le Prix Nobel de la Paix il ne sent plus obligé d’oeuvrer pour la pacification du monde. Par conséquent il a les coudées franches pour faire ce que bon lui semble, pour lui et les USA.
«Étant donné que votre pays a décidé de ne pas [me l’]attribuer pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix», a écrit le président américain. C’est censé être la réplique à un message envoyé par le Premier ministre norvégien et le président finlandais Alexander Stubb, pour faire part de leur «opposition (aux) augmentations tarifaires annoncées à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays», dit le cabinet de Store.
La lettre de Trump a été rendue publique ce lundi 19 janvier, les dirigeants européens doivent certainement être en train de se demander s’il faut en rire ou en pleurer. Mais le républicain persiste et signe : la planète ne sera pas apaisée – comme si elle l’était depuis le 20 janvier 2025 – tant que le Groenland ne sera pas dans l’escarcelle des Etats-Unis…
Washington a tenté l’argumentaire fallacieux des menaces russe et chinoise, il a tenté le coup de la sécurisation du territoire américain avec ces systèmes anti-missiles (son « dôme d’or ») qu’il projette d’installer dans l’arctique, mais tout ce qui a été dit par l’administration américaine a été balayé net. Place à la surtaxe, ce que la Maison-Blanche sait faire le mieux sans que la preuve de l’efficience économique soit apportée.
La lettre adressée au Premier ministre norvégien a été déballée par le correspondant de la chaîne PBS, depuis c’est l’effervescence dans les médias européens. Le magazine allemand Der Spiegel fustige une politique «agressive», le quotidien britannique The Guardian évoque un courrier «extraordinaire». Un expert cité par le journal norvégien Verdens Gang parle carrément de «chantage».
Et dire que jusqu’au bout Store a essayé de convaincre Trump que son gouvernement n’est mêlé en rien au choix du lauréat du Prix Nobel de la paix. «J’ai clairement expliqué, y compris au président Trump, ce qui est bien connu, à savoir que le prix est décerné par un comité Nobel indépendant et non par le gouvernement norvégien», a-t-il argué…
Le Coq gaulois coincé entre les valets de Trump et ses suppôts
Un coup d’épée dans l’eau, comme s’il était possible de raisonner le président américain, de mettre un peu de rationalité dans ses actions. Le Premier ministre norvégien sait pertinemment que Trump n’est attaché à rien à part les intérêts bassement matériels, il se sert de tout comme prétexte à cette fin, comme il s’est servi du « narcoterrorisme » pour déboulonner le président vénézuélien.
Maintenant au moins tout le monde sait que le bout de médaille qu’est venue lui remettre la Prix Nobel de la paix ne changera rien aux desseins du président américain. Ce n’est pas la Paix dans le monde qui l’intéresse, encore moins les idéaux démocratiques et l’Etat de droit, ses préoccupations sont ailleurs. Il cultive la tension en permanence parce que dans sa tête très spéciale c’est générateur de profits.
Les principales Bourses européennes paniquent et plongent après la menace sur les surtaxes douanières en direction de 8 pays du Vieux continent. Ça s’agite à Bruxelles, un Sommet extraordinaire des leaders des 27 pays de l’Union européenne (UE) sera organisé ce jeudi. La Commission a pour mission de scruter la palette des mécanismes de riposte. Mais sur ce dossier les Européens n’ont aucune crédibilité, eux qui reculent sur la défense commune, les produits américains (même de moindre qualité), etc.
Le président français, Emmanuel Macron, va plus loin, il annonce sa ferme intention de requérir l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, lequel permet de rogner les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et d’obstruer la voie de certains investissements…
«Nous ne céderons pas au chantage. L’Europe donnera une réponse claire et unanime. Nous préparons actuellement des contre-mesures concertées», a clamé le ministre allemand de l’Économie Lars Klingbeil. Alors que son pays continue d’acheter de l’armement américain et tremble à l’idée que Washington lui ferme son marché très juteux, pour les voitures allemandes surtout.
L’Italie aussi s’agite sur le Groenland mais les mêmes contradictions. On connait la qualité des liens entre Giorgia Meloni et Trump, il ne faudra pas compter sur elle et le chancelier allemand pour braver la Maison Blanche. Et ne parlons même pas des suppôts du républicain que sont les Premiers ministre slovaques et hongrois. Ce n’est pas cette Europe frileuse et incapable de faire face à la Russie qui fera tiquer la toute-puissance américaine.
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