Diaspora

La Finlande durcit sa politique migratoire et accélère les expulsions d’étrangers

    La Finlande connaît une hausse notable des expulsions d’étrangers, conséquence directe du durcissement de sa politique migratoire amorcée depuis 2023. Selon les données du Conseil national de la police finlandaise, 2070 étrangers ont été expulsés entre janvier et septembre 2025, soit une augmentation de 30 % par rapport à la même période de l’année précédente.

    Les autorités justifient cette accélération par la nécessité de renforcer le contrôle des frontières et la sécurité intérieure, une orientation politique assumée par la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen, issue du Parti des Finlandais, formation connue pour ses positions hostiles à l’immigration.

    La guerre en Ukraine a marqué un tournant. En décembre 2023, Helsinki a fermé ses 1340 kilomètres de frontière avec la Russie, après l’arrivée d’environ 1000 migrants sans visa. Le gouvernement a accusé Moscou d’orchestrer ces passages pour « déstabiliser la Finlande », une accusation démentie par le Kremlin. Depuis, les procédures d’asile, de résidence et de naturalisation ont été soumises à des critères plus stricts.

    Dans un centre d’accueil appelé « Maison de l’Espoir », à Helsinki, géré par une organisation chrétienne et des bénévoles, des migrants en situation irrégulière racontent leur détresse. Parmi eux, une Marocaine d’une cinquantaine d’années explique avoir reçu un courrier lui ordonnant de quitter le pays en novembre. Venue en Finlande début 2024, elle n’a pas trouvé d’emploi dans le délai de 90 jours accordé aux ressortissants de pays non membres de l’Union européenne. « Je ne peux pas retourner au Maroc, dit-elle. Mon ex-mari pourrait devenir violent s’il apprend mon retour. »

    Le centre accueille des centaines de personnes vivant sans statut légal, dont des hommes âgés de 30 à 45 ans originaires du Maroc, de Somalie ou d’Irak, mais aussi des familles, des enfants et des victimes de traite humaine.

    Pour Jan Lipsu, haut responsable de la police, les contrôles dans les lieux publics sont désormais renforcés et le droit de séjour des étrangers « soumis à une vérification rigoureuse ». « Si une personne n’a plus de titre de séjour valide, toutes les mesures nécessaires seront prises pour garantir son départ du territoire finlandais ou de l’espace Schengen », a-t-il déclaré.

    Les estimations non officielles font état de 3500 à 5000 résidents sans papiers sur le territoire. Les recours juridiques, auparavant capables de suspendre temporairement une expulsion, ne freinent plus l’exécution des décisions, selon Tirsa Forsell, directrice du contrôle à la Direction de l’immigration.

    D’après le Bureau national des statistiques, les étrangers représentent environ 11 % de la population finlandaise, soit plus de 600 000 personnes sur 5,6 millions d’habitants. Après deux décennies d’ouverture progressive, le pays opère aujourd’hui un virage sécuritaire.

    La chercheuse Erna Boodström, de l’Institut finlandais des migrations, résume ce changement de cap : « Il y a quelques années, un migrant pouvait encore espérer bâtir une vie stable en Finlande. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

    Commentaires

    Que se passe-t-il en Tunisie?
    Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

    Top 48h

    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    To Top