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La Fleur d’Alep : Un pas vers l’Oscar !

La Fleur d’Alep : Un pas vers l’Oscar !

Fleurd'alep

Le film tunisien « Fleur d’Alep », réalisé par le producteur et réalisateur Ridha Béhi, universitaire, directeur d’ateliers d’écriture et membre de jury de plusieurs festivals arabes, a franchi le premier pas vers l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Le film raconte le drame d’une mère qui voit son fils unique se radicaliser, un drame d’actualité vécu par de nombreuses familles tunisiennes depuis la révolution. Il relate ce processus délicat de la radicalisation et compte sur la prestation d’acteurs de talent tel que Hichem Rostom qui s’est distingué par une carrière internationale ou encore Mohamed Ali Ben Jomaa qui joue le rôle d’un intégriste autoritaire  et haineux.  Avec en tête d’affiche l’actrice Hend Sabri, connue pour des rôles de composition tant au sein du cinéma tunisien qu’égyptien, le film se distingue d’emblée par une bande annonce sensationnelle, exhaustive et accrocheuse. Cette dernière invite le spectateur à être attentif au moindre plan, tant chaque scène présente une mine de signes aux dimensions multiples. A titre d’exemple, citons cette scène où Mourad, joué par Badis Behi, un très jeune homme débosselé (ayant vécu en France et en Tunisie) et ne supportant pas le divorce de ses parents, s’entraine au tir après qu’un groupe local de salafistes l’ait accueilli à son retour au pays. Il vise le corps nu de mannequins en plastique, comme pour symboliser toute la haine, l’agressivité mais aussi la peur dont peuvent témoigner les adeptes du salafisme envers la femme et plus exactement envers le corps féminin. Pour accentuer la complexité de ce rapport, on montre dans une autre scène le même groupe obligeant des vendeuses dans une boutique à couvrir des mannequins similaires.  D’autres scènes qui peuvent être sujet à plusieurs interprétions interpellent le spectateur. Un site web a déjà été consacré au long métrage. Cette sélection se présente comme une pré-victoire la culture en général et du cinéma tunisien en particulier  tout en traitant paradoxalement d’un phénomène relevant de l’anti-culture. Il est également à considérer comme une manifestation prometteuse de l’expression cinématographique tunisienne nouvelle qui connait un essor depuis 2011 profitant d’une liberté qui n’était pas donnée.

En espérant qu’il sera nominé parmi les 5 finalistes qui disputeront l’Oscar dans sa catégorie lors de la 89ème édition des Oscars, nous rappelons qu’il sera projeté prochainement en avant-première dans le cadre de la 27ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage.

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