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La France fait un grand pas vers l’Algérie, un « dossier lourd » sera vite réglé…

    C’était un des points évoqués par l’ancienne ministre française Ségolène Royal lors de sa visite de 4 jours à Alger ; c’était surtout un des 5 contentieux « lourds » posés sur la table par le président Abdelmadjid Tebboune et qu’il devait aborder à Paris en avril 2024, il y a du nouveau. La France a voté mercredi 28 janvier 2026 une loi-cadre actant la restitution de biens culturels et historiques arrachés durant la période coloniale. L’Algérie guettait ce texte pour remettre la main sur les effets personnels de l’émir Abdelkader, gardés dans l’Hexagone depuis le XIXᵉ siècle. Le texte a été validé à l’unanimité au Sénat et passera par la case Assemblée nationale pour une adoption définitive.

    Cette nouvelle loi donne corps a un engagement public pris par le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, lors de son voyage à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 2017. Bon, Paris a pris son temps mais pour les pays lésés l’essentiel est ailleurs. Le dispositif veillera sur la restitution de biens réquisitionnés par la France entre 1815 et 1972, période allant du second empire colonial français à l’application d’une convention de l’Unesco sur la réparation culturelle.

    Avant cette réforme législative le retour de pièces patrimoniales était tributaire de lois spécifiques élaborées au cas par cas, qui se bornaient parfois à des «prêts» ou des dépôts temporaires. La sénatrice Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste, a déclaré que la nouvelle loi met un terme au «fait du prince» : les restitutions se feront désormais avec des méthodes scientifiques et administratives strictes

    Par ailleurs le texte prévoit la validation formelle par une Commission nationale permanente et un Comité scientifique bilatéral, après vérification de l’origine et du caractère illicite des biens. Cette procédure est censée garantir l’authenticité des restitutions et éviter que des erreurs se glissent dans la désignation des ayants droit.

    Les demandes doivent être étayées par des documents indiquant l’historique des objets et leur lieu d’origine. D’après le rapport du Sénat, une douzaine de pays ont déjà présenté des requêtes, certaines très détaillées, d’autres plus vagues. La loi permettra de solutionner de vieux litiges tout en protégeant les collections françaises.

    Alger se prépare à réceptionner les affaires de l’émir Abdelkader, héros de la résistance au XIXᵉ siècle. Parmi ces biens il y a son sabre, son Coran, sa tente, son burnous et également des ossements de chefs de la résistance, qui avaient rejoint les musées français. La ministre de la Culture, Rachida Dati, est d’avis que la loi «offre à la France l’occasion de renforcer ses liens culturels avec le monde» tout en honorant l’histoire…

    La sénatrice écologiste Mathilde Ollivier a déclaré que le texte permet de «regarder l’histoire en face» et de reconnaitre officiellement l’implication du système colonial dans les mouvements de biens culturels.

    La loi permet surtout de panser des plaies béantes, de réconcilier les peuples et de pacifier les rapports entre les Etats. S’agissant du dossier franco-algérien, on attend des développements sur les autres points évoqués par Mme Royal et sur les 4 contentieux restants, auxquels se sont greffés d’autres depuis qu’un certain Bruno Retailleau a été nommé Premier flic de France.

     

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