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La nouvelle machine de guerre de la France : Elle frappe le champion du monde avec l’affaire Epstein

    Coup pour coup, du tac au tac, réponse du berger à la bergère… Appelez ça comme vous voulez, ce qui est certain qu’il y a du changement dans l’air au temple de la Diplomatie française. Fini les formulations soporifiques, tièdes, feutrées, le Quai d’Orsay fait maintenant dans le jeu musclé, le survitaminé, surtout quand l’adversaire est un gros calibre, en l’occurrence Elon Musk, l’homme le plus riche du monde et sans doute l’entrepreneur le plus puissant de la planète.

    On se doutait que le milliardaire encaisserait très mal sa convocation par la Procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Paris, Laure Beccuau, ça n’a pas loupé. Rappelons que le patron de X est attendu dans le bureau de la magistrate le 20 avril 2026 pour s’expliquer sur des infractions présumées gravissimes : complicité «de détention d’images» à «caractère pédopornographique» et «contestation de crime contre l’humanité (négationnisme)».

    Les services de Musk ont répliqué en direction de Paris que c’est un «acte judiciaire abusif» se fondant «sur des motivations politiques», et que la plateforme ne se laisserait «pas intimider -…) Les allégations ayant justifié cette perquisition sont infondées et X réfute catégoriquement avoir commis la moindre infraction», dit le texte…

    Le réseau social soutient que «le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis» et que la justice s’en prend à son «entité française, étrangère aux faits poursuivis, ainsi que ses employés, au mépris des mécanismes procéduraux établis par les traités internationaux».

    Pour Elon Musk la perquisition d’hier mardi 3 février dans ses locaux parisiens est une «mise en scène» et toute cette procédure ne serait qu’un «détournement» portant «atteinte à la liberté d’expression»…

    L’«atteinte à la liberté d’expression», une des munitions du président Donald Trump contre les pays européens. D’ailleurs le vice-président américain, J.D. Vance, s’était permis de faire la leçon au Vieux continent lors du Sommet de Munich sur la Sécurité (Allemagne), en février 2025. Mais à l’époque le ministère français des Affaires étrangères n’avait pas activé le dispositif «French response», une arme «parfaitement assumée» qui fait mouche sur les réseaux sociaux.

    Face au champion du monde des fake news et de la désinformation – Elon Musk – il faut se battre à armes égales. Piqué au vif le Quai d’Orsay a riposté aux accusations, il a fait parler la poudre sur le compte « French Response » : «Enquêter sur les contenus pédopornographiques n’est pas controversé» et «en faire un spectacle politique relève de la manipulation»…

    «Cette logique passe peut-être sur certaines îles, mais pas en France», claque le communiqué officiel de la France. Et Vlan! Une allusion directe à l’affaire Epstein, dans laquelle le président américain est embourbé jusqu’au cou. Mais il n’est pas le seul, les millions de nouveaux documents balancés la semaine dernière ont mouillé une pléthore de célébrités, dont Elon Musk.

    Rappelons que le milliardaire d’origine sud-africaine est convoqué par la Procureure de la de Paris «en qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits». Il est censé déférer à la convocation avec Linda Yaccarino, ex-directrice générale de la plateforme, et une kyrielle d’employés de X, du 20 au 24 avril prochain.

    Pourtant la magistrate a tenté de dédramatiser en précisant qu’ils seront «entendus en qualité de témoin» et que les auditions libres «des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées (…) La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive». Le but est «de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises».

    Donc rien de bien méchant en apparence. Mais allez convaincre Musk et compagnie que ces assurances ne cachent pas un loup et que les « témoins » ne risquent pas grand-chose dans les griffes de la Justice française. Le dossier à charges est quand même très épais, on parle de crimes très graves si la matérialité des faits est établie.

    C’est le député de la macronie Éric Bothorel et le socialiste Arthur Delaporte qui avaient alerté les autorités. Ils ont signalé une «réduction de la diversité des voix» et pointé une plateforme qui n’assure plus «un environnement sûr et respectueux à tous» et se mue en «une menace pour nos démocraties». Mais jusqu’ici aucune poursuite pénale dans cette affaire.

    Le patron de X France, Laurent Buanec, avait pourtant affirmé le 22 janvier 2025 que le réseau social s’adosse sur des «règles strictes, claires et publiques visant à protéger la plateforme des discours de haine» et que son algorithme est «construit de manière à éviter de […] proposer des contenus de type haineux»…

    Clairement ces engagements ne sont pas tenus. Autre grief de la justice française : l’intelligence artificielle Grok a nié fin 2025, dans un post lu en France quelque un million de fois, « la solution finale » imaginée par l’Allemagne nazie, notamment l’horreur des chambres à gaz.

    La Ligue des droits de l’Homme, qui avait saisi la justice pour ce post, s’est réjouie hier mardi de l’«avancée judiciaire». En plus de Kick et X, la justice française s’intéresse aussi au fondateur de la messagerie cryptée Telegram, le Russe Pavel Durov, accusé de laisser fleurir les contenus criminels. Des ténors asiatiques tels que Shein et AliExpress sont également épinglés pour avoir écoulé des poupées sexuelles à l’apparence d’enfants.

    Il n’est pas certain que le fait de tirer en direction de tous les grands voyous du numérique consolera Elon Musk et surtout le convaincra de faire le voyage à Paris pour s’expliquer sur ses turpitudes devant Madame la juge.

     

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