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La partenaire d’Epstein conditionne sa coopération avec le Congrès américain

    La partenaire de longue date du financier américain Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a refusé de répondre aux questions de la commission de surveillance et d’enquête de la Chambre des représentants des États-Unis, lors d’une audition à huis clos tenue lundi. Cette position relance les tensions autour d’une affaire aux ramifications politiques et judiciaires toujours sensibles.

    Condamnée en 2022 à 20 ans de prison pour des faits liés au trafic sexuel, Ghislaine Maxwell devait être interrogée par visioconférence depuis un établissement pénitentiaire fédéral au Texas. L’audition, annoncée le 21 janvier après plusieurs mois de reports, a toutefois été écourtée après que l’intéressée a invoqué le cinquième amendement de la Constitution américaine, qui garantit le droit de ne pas s’auto-incriminer.

    Les avocats de Maxwell ont conditionné toute coopération à l’octroi d’une immunité pénale, allant jusqu’à affirmer, dans une correspondance adressée à la commission, que leur cliente accepterait de témoigner uniquement en cas de pardon présidentiel accordé par Donald Trump. Une demande catégoriquement rejetée par les parlementaires. Le président républicain de la commission, James Comer, a qualifié l’issue de la séance de « très décevante ».

    La défense de Maxwell a, par ailleurs, dénoncé ce qu’elle décrit comme une « mise en scène politique », estimant que la tenue de cette audition constituerait un gaspillage des fonds publics. De son côté, la commission cherche à établir comment Epstein a pu commettre ses crimes pendant des années et à déterminer l’existence d’éventuelles responsabilités périphériques, alors que Maxwell poursuit des démarches pour contester sa condamnation, qu’elle juge injuste.

    Dans ce climat, la commission a également convoqué l’ancien président Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton, afin qu’ils témoignent séparément sur leurs relations passées avec Epstein. Après des menaces de poursuites pour « outrage au Congrès », le couple a accepté de comparaître ultérieurement, tout en demandant que les auditions se tiennent publiquement afin d’éviter toute exploitation politique de leurs déclarations.

    James Comer a toutefois indiqué que, selon les avocats de Maxwell, celle-ci ne disposerait d’aucune information impliquant Donald Trump ou Bill Clinton dans des actes répréhensibles. Parallèlement, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump et aujourd’hui numéro deux du département américain de la Justice, avait interrogé Maxwell pendant un jour et demi en Floride à la fin du mois de juillet dernier. Peu après, elle a été transférée vers un établissement pénitentiaire à régime de sécurité allégé au Texas, une décision qui a suscité l’indignation des victimes et de leurs familles.

    Selon un compte rendu publié par le département de la Justice en août, Maxwell a déclaré ne pas croire à la thèse du suicide d’Epstein, survenu en prison à New York en 2019, tout en refusant de spéculer sur les circonstances exactes de sa mort. Elle a également nié l’existence d’une quelconque « liste de clients » ou de mécanismes de chantage visant des personnalités influentes.

    L’audition avortée intervient alors que le département de la Justice a rendu publics, le 30 janvier, plus de 3 millions de pages de documents liés au dossier Epstein. Si les autorités affirment que ces archives ne contiennent aucun élément nouveau susceptible d’ouvrir la voie à des poursuites supplémentaires, leur publication a ravivé les controverses et provoqué l’embarras de nombreuses figures publiques aux États-Unis et à l’international. Les responsables rappellent toutefois que la simple mention d’un nom dans ces documents ne constitue pas en soi une preuve de culpabilité.

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