Le conseil ministériel restreint, réuni hier jeudi, a recommandé de présenter la stratégie nationale dans le domaine maritime, dans toutes ses composantes et actuellement en cours d’élaboration — incluant le secteur des industries maritimes — devant un Conseil des ministres au début de l’année 2026.
Le conseil, présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zafrani Zenzri, au Palais du Gouvernement à la Kasbah et consacré à l’examen du développement du secteur des industries maritimes, a également recommandé le lancement d’un programme national pour développer les infrastructures maritimes, moderniser et agrandir les bassins maritimes dans les ports stratégiques, ainsi que moderniser les ports et les connecter aux réseaux de transport terrestre et ferroviaire. Il a aussi appelé à engager une réforme des entreprises nationales actives dans le domaine maritime.
Selon un communiqué publié par la Présidence du gouvernement sur sa page Facebook, le conseil a en outre recommandé de soutenir les initiatives privées dans le domaine du transport terrestre, de moderniser le cadre juridique et réglementaire du secteur maritime — y compris en matière de sécurité et d’environnement — dans une optique de simplification des procédures, et de développer le système national de formation maritime afin de l’aligner sur les normes de l’Organisation maritime internationale, tout en renforçant les compétences nationales et en reliant la formation à la recherche scientifique.
Le conseil a également appelé à soutenir l’investissement national et étranger, à renforcer la compétitivité dans le secteur des industries maritimes et des services logistiques, et à promouvoir l’intégration industrielle et logistique pour garantir la compétitivité de la production. Il a souligné l’importance de bâtir des partenariats internationaux efficaces et de lancer des projets de coopération afin de positionner la Tunisie comme un pôle régional de premier plan dans le domaine des industries maritimes.
À cette occasion, la cheffe du gouvernement a affirmé que l’évaluation de la situation actuelle et des perspectives du secteur des industries maritimes, ainsi que des principaux défis auxquels il est confronté, sera pleinement intégrée dans la stratégie nationale globale dans le domaine maritime que l’État élabore actuellement. Des programmes opérationnels seront mis en place pour développer le secteur, renforcer sa présence sur les marchés régionaux et internationaux, et notamment consolider la position de la Tunisie comme l’un des principaux pays africains spécialisés dans la construction de navires militaires et commerciaux, de bateaux de pêche, de plaisance et de yachts, ainsi que dans leur entretien et leur réparation.
Elle a également mis en avant l’importance de réviser la politique actuelle de développement des industries maritimes, dans le cadre de la préparation de la stratégie nationale globale dans le domaine maritime dans toutes ses composantes.
La cheffe du gouvernement a ajouté que la stratégie nationale de l’État dans le domaine de l’industrie et de l’innovation à l’horizon 2035, visant à instaurer « une industrie hautement compétitive à fort contenu technologique » capable de s’inscrire dans le système mondial, repose sur plusieurs axes et accorde la priorité à des secteurs prometteurs, tels que la construction navale et les bateaux de plaisance. L’État œuvre ainsi à préparer plusieurs chartes de partenariat pour renforcer la compétitivité de ces secteurs, parmi lesquelles la charte de partenariat pour développer la compétitivité du secteur de la construction navale et des bateaux de plaisance en Tunisie, prévue pour le premier semestre 2026, en collaboration avec les centres de formation professionnelle, les institutions universitaires et les centres de recherche.
Elle a souligné l’importance stratégique de ce secteur et son rôle central dans le soutien de l’économie nationale, la création d’emplois et le renforcement du positionnement de la Tunisie dans les industries maritimes dans toutes leurs composantes, en particulier la construction navale, l’entretien et la réparation des navires, ainsi que la construction de yachts et le développement des services logistiques portuaires. Elle a estimé que la Tunisie dispose de tous les atouts nécessaires pour réussir.
Ces atouts résident notamment dans son emplacement géographique stratégique au cœur de la Méditerranée, dans la longueur de son littoral — 1 300 km sans compter les îles — ainsi que dans le fait que 92 % des échanges commerciaux mondiaux se font par voie maritime, tout comme 98 % des échanges commerciaux tunisiens. Par ailleurs, 30 % des échanges mondiaux transitent au large des côtes tunisiennes.
La présentation exposée par le ministre des Transports, Rchid Amri, portait sur le développement du secteur des industries maritimes, visant à renforcer la position de la Tunisie parmi les principaux pays africains dans ce domaine, notamment dans la construction de navires militaires et commerciaux, de yachts et de bateaux de pêche et de plaisance, ainsi que dans leur entretien et leur réparation. Elle proposait également d’améliorer les incitations et avantages susceptibles de stimuler la croissance de ces industries et d’accroître leur présence sur les marchés internationaux.
Cette même présentation, élaborée en coordination avec l’ensemble des ministères concernés, abordait aussi la révision de la politique actuelle de développement des industries maritimes, l’amélioration du système de formation maritime et la qualification des ressources humaines conformément aux normes internationales de l’Organisation maritime internationale. Elle prévoyait également le renforcement des capacités nationales en ingénierie maritime, en maintenance, ainsi qu’en formation continue des marins et ingénieurs maritimes.
L’exposé a également porté sur le lien entre formation et recherche scientifique, ainsi que sur le développement des compétences, notamment dans les domaines des technologies maritimes, de la télédétection, des énergies marines renouvelables et de la protection des écosystèmes côtiers, en partenariat avec les centres de formation professionnelle, les universités et les instituts de recherche. Il a aussi été question de la contribution du système de formation maritime au développement de l’économie bleue et à son rôle dans les domaines logistiques, du commerce maritime et des industries portuaires.
Enfin, la présentation a mis en lumière le rôle de la coopération internationale dans le domaine des industries maritimes, la mise en place de partenariats stratégiques avec les pays leaders afin d’attirer les investissements dans les secteurs des industries maritimes et des services logistiques, ainsi que le renforcement de la sécurité et de la sûreté de la navigation dans les domaines de la recherche et du sauvetage, de la surveillance des côtes, de la gestion des risques maritimes et de la lutte contre la pollution marine.
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