Economie

La Tunisie ramène son déficit courant à 1,5% du PIB en 2024

La Tunisie ramène son déficit courant à 1,5% du PIB en 2024

    La Tunisie affiche une amélioration notable de ses équilibres extérieurs avec un déficit courant qui s’établit désormais à 2,425 milliards de dinars, soit 1,5% du PIB en 2024, contre 2,2% l’année précédente.

    Cette évolution positive, révélée par le rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie, traduit un redressement progressif des comptes extérieurs du pays malgré un contexte économique international complexe.

    La performance positive de la balance courante s’explique principalement par la hausse des recettes touristiques, qui ont progressé de 9,8% pour atteindre 7,6 milliards de dinars, et par l’accroissement des transferts des travailleurs tunisiens à l’étranger (+12,7%).

    Le tourisme retrouve son rôle de moteur économique

    Le secteur touristique tunisien confirme son statut de pilier de l’économie nationale avec des résultats particulièrement encourageants. Le secteur touristique a vu ses indicateurs s’améliorer, avec plus de 10 millions de visiteurs étrangers (+9,5%) et 21,3 millions de nuitées (+13,2%).

    Cette performance s’appuie sur une stratégie de diversification qui porte ses fruits. La diversification de l’offre touristique, incluant tourisme médical, d’affaires et écologique, a permis de capter davantage de devises. Au-delà du simple volume de visiteurs, la qualité et la variété des prestations offertes permettent au pays de mieux valoriser son potentiel touristique et d’augmenter les recettes par visiteur.

    Les services affirment leur position stratégique

    La balance des services affiche un excédent de 22,72 milliards de dinars, porté par les services de voyages et la fabrication sur intrants détenus par des tiers, confirmant le rôle de la Tunisie comme plateforme régionale d’assemblage et de sous-traitance industrielle. Cette performance illustre la capacité du pays à tirer parti de sa position géographique privilégiée entre l’Europe et l’Afrique.

    Le développement des activités de sous-traitance industrielle témoigne de la compétitivité de la main-d’œuvre tunisienne et de l’attractivité du territoire pour les investisseurs étrangers cherchant une base de production proche des marchés européens.

    Le commerce extérieur face aux tensions persistantes

    Malgré l’amélioration globale de la balance courante, le commerce de biens révèle des fragilités structurelles. Du côté des échanges de biens, le déficit commercial s’est creusé de 10,9% pour atteindre 18,93 milliards de dinars, impacté par la hausse des importations (+2,3%) et la stagnation des exportations. Cette dynamique préoccupante souligne les difficultés du secteur productif tunisien à maintenir sa compétitivité sur les marchés internationaux.

    Toutefois, certains secteurs apportent des signaux positifs. L’excédent de la balance alimentaire, stimulé par l’exportation d’huile d’olive (+27,4%), et la baisse des importations de produits céréaliers (-18,1%) ont contribué à limiter le déficit global.

    Des réserves de change consolidées

    Les avoirs nets en devises ont atteint 27,332 milliards de dinars à fin 2024, couvrant 121 jours d’importation, contre 26,408 milliards et 120 jours en 2023, reflétant une consolidation de la stabilité financière malgré les contraintes d’accès aux financements extérieurs. Cette amélioration, même modeste, constitue un signal rassurant pour la stabilité macroéconomique du pays.

    Elle témoigne de la capacité des autorités monétaires à maintenir un niveau de réserves acceptable dans un contexte où l’accès aux marchés financiers internationaux demeure limité. Cette situation renforce la nécessité pour la Tunisie de poursuivre ses efforts d’amélioration de ses équilibres extérieurs par le biais du renforcement de ses secteurs exportateurs et de la maîtrise de sa facture d’importation.

    L’évolution positive du déficit courant tunisien en 2024 s’inscrit dans une dynamique d’ajustement progressif des déséquilibres extérieurs. Si les secteurs du tourisme et des services tirent leur épingle du jeu, les performances contrastées du commerce de biens rappellent l’importance de poursuivre les réformes structurelles. Cette amélioration des comptes extérieurs constitue un élément favorable pour la stabilité macroéconomique du pays, même si les marges de manœuvre restent limitées dans un environnement international incertain.

    Commentaires

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