L’Algérie frappée par une vague de suicides par le feu

Un incident avec un policier a poussé à bout Hichem Gassem, un vendeur à la sauvette de Tiaret qui s’est immolé par le feu dans l’Ouest algérien.

Le 26 janvier 2012, un agent aurait renversé l’étal du marchand de lunettes d’un coup de pied. Selon le site d’information DNA, un policier présent sur les lieux lui aurait lancé: «Brûle-toi si t’es un homme». La victime s’est exécutée.

Mardi, ses funérailles ont viré à l’émeute. Au moins trente personnes ont été blessées dans des heurts entre des habitants et les forces de l’ordre. Des centaines de manifestants ont affronté avec des pierres la police qui a riposté en tirant des grenades lacrymogènes.

Plusieurs édifices publics ont été saccagés. Les violences se sont poursuivies dans la nuit. Elles se sont étendues le lendemain à des localités voisines avec le blocage de routes.

À en croire la presse, les tentatives d’immolation par le feu se multiplient depuis janvier en Algérie et ont même touché des lycéens. Plusieurs dizaines de tentatives ont été comptabilisées, dont un nombre indéterminé ont été mortelles.

Une banalisation qui témoigne de la profondeur de la crise sociale. L’Algérie est pourtant la nation d’Afrique du Nord en apparence la moins touchée par le printemps arabe. Les émeutes de protestation contre la hausse des prix qui ont fait 5 morts en janvier 2011 n’ont pas débouché sur un mouvement d’opposition structuré.

Le pouvoir a fait baisser la pression à coups d’aides financières versées aux diverses catégories professionnelles grâce à la rente des hydrocarbures. Il a également lâché un peu de lest avec la levée de l’état d’urgence et l’annonce de quelques réformes avant les élections législatives prévues en mai.

De nouveaux partis ont été autorisés et les médias évoquent déjà une probable poussée des islamistes. Mais les tensions persistent. Chaque semaine au moins une minirévolte éclate. Elle peut être déclenchée par l’impunité accordée à des meurtriers à Cheraga ou par la cherté de la vie à Akbou en Kabylie.

Brusque excès de colère, la révolte locale ne dure pas. Elle est une étincelle qui s’ajoute aux torches humaines dans un pays qui semble étouffer.

Source: Le Figaro

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