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Le bras de fer de la France avec l’Algérie a fait Pschitt, Londres aussi veut sa « guerre » avec les pays africains

Le bras de fer de la France avec l’Algérie a fait Pschitt, Londres aussi veut sa « guerre » avec les pays africains

    Les travaillistes – la gauche – trouveront peut-être aussi chose pour se démarquer des conservateurs mais ce ne sera certainement pas la gestion du dossier migratoire. Sur cette affaire tout ce qu’on voit et entend de la part du Premier ministre travailliste Keir Starmer ce sont des restrictions, une politique que ne renieraient pas ses prédécesseurs conservateurs Boris Johnson et Rishi Sunak. Les deux partis ont peut-être des désaccords profonds sur des tas de dossiers mais pas sur l’immigration. Ce n’est plus le cas depuis que Starmer est aux manettes.

    Le virage on l’a vu venir depuis que l’actuel Premier ministre a annoncé l’expulsion de 130 000 étudiants étrangers. C’est donc très logiquement qu’il s’est offert les services de Shabana Mahmood, en tant que ministre de l’Intérieur. La dame est d’origine pakistanaise et de confession musulmane, mais elle est surtout connue pour être la cheffe d’un parti dit de gauche, le « Blue Labour », dont les positions sur l’immigration n’ont rien à envier à la ligne des conservateurs voire de l’extrême droite de Nigel Farage.

    Et maintenant le « gouvernement de gauche » fait du Donald Trump en menaçant de priver de visas 3 pays africains s’ils ne montrent pas plus de célérité dans les procédures d’expulsion de leurs ressortissants. Les trois nations ciblées sont l’Angola, la Namibie et la République démocratique du Congo, a indiqué le ministère britannique de l’Intérieur dans un communiqué. Le document juge «inacceptable» leur faible implication en matière d’expulsions.

    Le président américain avait donné 2 mois à 25 pays africains pour se plier aux injonctions de Washington, Starmer lui accorde un délai d’«un mois» avant de frapper, a averti le secrétaire d’État à l’Asile et à la sécurité des frontières, Alex Norris, ce lundi 17 novembre sur la chaîne Sky News. Le Home Office soutient que «des milliers de migrants en situation illégale originaires de ces pays sont actuellement au Royaume-Uni»…

    Les restrictions de visas visent le tourisme et même les VIP, a fait savoir le département, en ajoutant que les représailles pourraient s’appliquer à d’autres pays, surtout ceux qui présentent «des taux élevés de demandes d’asile» d’individus entrés légalement au Royaume-Uni.

    «Mon message pour les gouvernements étrangers aujourd’hui est clair : acceptez le retour de vos ressortissants ou vous perdrez le privilège de pouvoir entrer dans notre pays», a déclaré la ministre de l’Intérieur, citée dans le communiqué. Mme Mahmood exposera cet après-midi au Parlement un programme de réforme contre l’immigration irrégulière…

    Il est question de tarir les vagues de migrants qui déferlent sur le Royaume-Uni depuis le nord de la France sur de petits bateaux, un dossier qui a été défriché avec le président Emmanuel Macron, avec même des annonces dans ce sens. Il faut croire que la trouvaille ne suffira pas à régler définitivement le problème et que le gouvernement britannique serrera encore plus les boulons.

    Parmi les dispositifs déjà dévoilés il y a le rétrécissement du périmètre de protection des réfugiés, par exemples l’obligation «de rentrer dans leur pays d’origine dès qu’il sera jugé sûr» et l’annulation de l’accès automatique aux aides sociales pour les demandeurs d’asile. Le gouvernement travaille également sur l’accélération des expulsions avec le vote d’une loi qui réduirait les possibilités de recours à la Convention européenne des droits de l’Homme.

    A noter que depuis le 1er janvier de cette année, 39 292 personnes ont débarqué au Royaume-Uni à bord de petites embarcations, c’est plus que les données de l’an dernier (36 816). En 2024 les demandes d’asile ont progressé de 18%, alors qu’elles plongeaient de 13% dans l’ensemble de l’Union européenne sur la même période, d’après Londres…

    Plus de 400 000 demandes ont été recensées depuis 2021, contre 150 000 sur la période 2011-2015, toujours selon les chiffres officiels. Et bien cet appétit pour le Royaume-Uni le gouvernement n’en veut plus et fera tout pour fermer les portes, même au prix de décisions profondément immorales et inhumaines. Le président américain a inventé « le chantage au visa » pour contraindre les pays africains à rentrer dans les rangs ; la France l’a testé avec l’Algérie, le résultat a été un cuisant échec. Londres tente sa chance.

     

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