Le monde entier sait que l’Espagne ne transige pas sur le dossier israélien, surtout depuis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été formellement inculpé par la CPI pour crimes de guerre à Gaza. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, bloque tout ce qui va en direction de Tel-Aviv. Tout. Et les promesses de pacification du président américain n’y changent rien. Le géant européen Airbus s’était juré de faire céder le gouvernement espagnol. L’avionneur veut faire du business, du gros, avec l’Etat hébreu et il est prêt à tout pour ça
Airbus pèse lourd en Espagne avec ses installations sur 8 sites aux abords de Madrid, en Castille et en Andalousie. Le fabricant y fait travailler plus de 14 000 personnes, dans l’aviation civile mais également la défense. Donc quand le groupe proteste forcément les autorités locales l’écoutent. Mais voilà, ça coinçait parce qu’il a urgemment besoin de technologies israéliennes, surtout pour ses modèles A400M, A330 MRTT ou C295, des avions cargo, de transport ou de ravitaillement en vol à usage militaire.
Airbus avait clairement dit au gouvernement espagnol que sans ce matériel son maintien en Espagne serait périlleux et ces appareils devraient être assemblés ailleurs en Europe. Des milliers d’emplois sont en jeu. Ça sent à plein nez le chantage. D’après le journal espagnol « El Pais », le gouvernement piloté par le socialiste Pedro Sánchez a plié face à l’avionneur en déclenchant le 23 décembre 2025 la clause d’exception prévue par le décret d’embargo paraphé fin septembre 2025. Cette disposition permet d’autoriser les importations d’équipement militaire au nom «de l’intérêt général de la nation»…
Voilà, des indignations et des combats à géométrie variable, des idéaux et vertus « droit de l’hommistes » qui bougent au gré des « intérêts suprêmes » de la nation… Tout ça n’est pas joli joli, n’est pas glorieux mais c’est hélas le monde dans lequel nous vivons. Le preux chevalier Sánchez, comme tous les dirigeants de la planète, a aussi ses limites et là en l’occurrence c’est la carte d’électeur des Espagnols qui les fixe. C’est soit ça soit on fait un autre métier moins sujet aux contorsions de la conscience.
Donc la reculade devant Airbus c’est fait, reste la bronca des alliés du Premier ministre. Ça va secouer à la reprise des travaux parlementaires la semaine prochaine. Les élus espagnols avaient validé, le 8 octobre dernier, un décret-loi instaurant un embargo sur les armes en provenance et à destination d’Israël, une mesure ardemment défendue par Sánchez. L’annonce avait provoqué le courroux du gouvernement israélien, qui avait déjà rappelé son ambassadeur en 2024, quand Madrid avait reconnu l’État de Palestine. Cette fois la victoire est du côté de Netanyahu.
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