Le chaos persiste, les bailleurs de fonds continueront-ils à financer la Tunisie ?

La motion de retrait de confiance à Rached Ghannouchi, a été rejetée. Sans rentrer dans les détails, ceci veut dire que le chaos politique persiste avec des conséquences dramatiques sur la société et l’économie déjà en grave détresse.

L’enchaînement des faits, notamment durant cette dernière période montre aussi qu’il est certain que le système post 2011 pousse ses derniers soupirs malgré une perfusion intense depuis des années.

Slim Azzabi, ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale a révélé lundi 13 juillet courant, lors d’une conférence de presse tenue à la Kasbah que la Tunisie négocie avec quelques pays, le report du règlement d’échéances de crédits prévu au cours de 2020. Les négociations sont menées, d’après le ministre, avec l’Arabie saoudite, le Qatar, la France et l’Italie.

Aucune précision n’a été donnée concernant l’enveloppe du report mais le document approuvé du budget de l’Etat 2020 évoque, pour cette année, le paiement de quelques 6617 millions de dinars de dette extérieure, en principal et intérêts. La déclaration de Slim Azzabi laisse entendre que le pays trouve d’énormes difficultés pour mobiliser des fonds permettant d’honorer ses engagements. Ceci veut clairement dire que la Tunisie est en phase de passer à l’état de l’insolvabilité, si ce n’est pas déjà le cas.

Ce qui confirme ce constat est aussi la déclaration faite lors de la même conférence par le ministre des finances, Nizar Yaiche qui a souligné, que le gouvernement vise la conclusion d’un nouveau programme de financement avec le Fonds Monétaire International (FMI), les 3 ou 4 prochains mois.

Clairement, il est extrêmement difficile que cette manœuvre, de dernier recours, aboutisse dans un contexte politique dont le pourrissement s’aggrave d’un jour à l’autre. La Tunisie est à coup sûr dans une étape qui vient juste avant le début du processus sombre de rééchelonnement ou de consolidation de la dette extérieure nationale.

En outre, le ministre a reconnu que malgré le besoin croissant du financement extérieur, le gouvernement ne comptera pas se diriger vers les marchés financiers internationaux. Ceci s’explique évidemment, par le grand risque d’échec encouru en raison des notations souveraines négatives et des perspectives très peu rassurantes des finances du pays.

On évoque, à ce titre, l’importance de se pencher sur le marché intérieur de la dette et pour lever des fonds de l’ordre de 3 milliards de dinars.

Toutes ces données n’ont certes aucune importance pour les sectes et la classe « politique » qui ne cessent d’enfoncer le pays dans un bourbier, sans se rendre compte.

Pour mémoire et d’après le ministère des Finances, l’encours de la dette globale de la Tunisie devrait se situer à un niveau de 85% du PIB au terme de l’année en cours, dont 62% de dette extérieure.

L’endettement avait permis une survie pour le système post 2011 durant des années, toutefois, il a mené au dépassement de toutes les limites budgétaires ce qui mettra de toute évidence un terme, à son absurdité du fait qu’aucun bailleur de fonds ne peut traiter avec un pays géré de la sorte.

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