Economie

L’évaluation effectuée par Solidar Tunisie du plan de développement quinquennale 2016-2020

Le plan de développement  2016-2020 de l’organisation Solidar Tunisie vise à transformer l’économie tunisienne d’une “Économie à faible coût à un hub économique”.

Pour réaliser cet objectif, le plan a fixé principalement trois défis:

  • Le premier défi a pour objectif de transformer la structure de l’économie par la diversification du tissu économique en ramenant la part des secteurs à contenu technologique élevé de 20% du PIB en 2015, à 30% en 2020. Il est composé de quatre éléments :
  1. Le développement de l’infrastructure et la logistique
  2. La promotion de l’innovation
  3. L’augmentation de la valeur ajoutée des secteurs exportateurs de 15% à 20% en 2020
  4. L’amélioration de la productivité à un rythme de 2,5% durant la durée du plan.

Ces mesures permettent en principe de réduire le taux de chômage de 15% en 2014 à environ 11% en 2020 et un taux de croissance annuel moyen de 4%.

  • Le deuxième défi consiste à promouvoir l’investissement et à améliorer le climat des affaires. L’objectif est de ramener le taux d’investissement à 25% en 2020, à travers l’accroissement du volume des investissements directs étrangers de 80% sur les 5 ans et l’augmentation des investissements publics de 50%.
  • Le troisième défi vise à promouvoir l’effort à l’exportation et approfondir l’intégration économique pour atteindre un ratio d’exportations/PIB de 42% à l’horizon 2020. Une évaluation à mi-chemin des réalisations de ce plan durant la période écoulée 2016-2018 montre qu’il sera très difficile d’atteindre ces objectifs en 2020. Il a été élaboré d’une manière optimiste sans tenir compte de la conjoncture nationale. Les écarts entre les réalisations et les objectifs sont importants. En effet, en moyenne, la Tunisie a réalisé un taux de croissance du PIB de l’ordre de 1,8% qui est bien en dessous des prévisions du plan (4%). Le taux d’investissement est de 18,8% contre un taux prévu de 25%. Le taux d’épargne réalisé est de 9,6% inférieur à celui prévu dans le plan (18%). Le manque d’investissement s’est traduit systématiquement par un manque à gagner en termes de création d’emplois. Le plan de 2016-2020 présente un ambitieux objectif de création de 400000 emplois alors que les réalisations 2016-2018 n’ont atteint que 109000 postes et le passage d’un taux de chômage de 15% à 12% est impossible. La comparaison de la performance économique entre pays, montre que la Tunisie peine à suivre le rythme des pays voisins, ce qui réduit les possibilités de convergence. Sur le plan sectoriel, il a été constaté d’une manière générale que la majorité des projets évoqués dans le plan n’a pas été réalisée. Ce sont juste des idées en phase de recherche de financement ou en phase d’étude. Ces projets sont catalogués dans le plan sans évaluation et hiérarchisation. Ils sont présentés en ordre dispersé qui ne relèvent aucun véritable choix stratégique. L’enveloppe consacrée au financement de chaque projet n’est pas claire. Les grands projets publics sont ambitieux sans se soucier du réalisme et de la cohérence entre les objectifs de chaque projet et les moyens disponibles. Les objectifs du plan sont à peine évoqués dans la loi des finances. En outre, l’absence de mécanismes institutionnels qui permettent la coordination des activités liées à la gestion financière à court terme (loi des finances) avec l’analyse des politiques d’investissement à plus long terme a accentué les problèmes inter-temporels des décisions économiques, ce qui a entraîné des difficultés d’adaptation rapide du plan aux évolutions de la conjoncture. Le gouvernement n’a pas utilisé ses instruments pour faire prévaloir ses choix et réaliser ses objectifs comme par exemple la politique budgétaire et monétaire, l’orientation des crédits, le taux de change, le système des subventions, le contrôle des importations, le code des investissements etc.(communiqué)

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