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Le retour gagnant de la France en Afrique, l’efficacité dans la discrétion

    Une excellente affaire, pour tous les deux, pour des raisons différentes. L’Éthiopie et la France ont paraphé un accord bilatéral de restructuration de la dette hier mercredi 11 février 2026. Addis-Abeba signe une première avec un membre du Comité officiel des créanciers (OCC) dans le cadre commun du G20, une opération qui fait suite au mémorandum d’entente scellé en juillet 2025.

    Incontestablement l’Éthiopie réalise une bonne transaction, elle permettra au Trésor public de souffler, après l’accord qui a été obtenu en août 2024 et qui a permis au pays de drainer d’autres financements. Les termes convenus avec l’OCC ciblent le traitement de la dette qui avait été fixé en mars 2025 et ouvrent sur un allègement de plus de 3,5 milliards de dollars. C’est copieux.

    Pour rappel le Premier ministre Abiy Ahmed avait sollicité début 2021 une profonde restructuration de sa dette extérieure, dans le cadre commun du G20 ; le défaut de paiement s’est abattu en décembre 2023 sur l’unique euro-obligation. Mais même avec ça le Fonds monétaire international (FMI) assurait que la dette éthiopienne était insoutenable, essentiellement du fait de dépassements prolongés des indicateurs de dette extérieure en rapport avec les exportations.

    En plus de l’accord bilatéral de restructuration de la dette, la France dégaine un nouveau plan de financement, à hauteur de 81,5 millions d’euros (environ 96,6 millions de dollars). Addis-Abeba touchera 80 millions d’euros à titre d’aide budgétaire pour le dispositif HGER 2.0, le 2e volet d’un programme de réforme économique nationale, ainsi qu’un fonds d’assistance technique de 1,5 million d’euros.

    Cette enveloppe «s’ajoute à la contribution de 100 millions d’euros déjà versée par la France lors de la première phase du programme de réforme», indique le ministère éthiopien des Finances.

    Ce n’est pas tout, l’Éthiopie et la France se sont mises d’accord autour de la participation de Paris à la construction du méga aéroport éthiopien, le plus grand du continent, un projet qui aura un gros impact sur la connectivité et le commerce.

    Le partenariat entre les deux pays monte désormais à 600 millions d’euros d’investissements, dont plus de 300 millions dédiés au secteur de l’énergie, précisément l’extension et la modernisation des infrastructures électriques du pays, une des priorités du gouvernement.

    Ce que Paris y gagne c’est ça : Des marchés et débouchés pour ses entreprises dans un immense territoire (1 137 000 km2) où il y a beaucoup à faire. Un pays qui investit, avance et dont le taux de croissance est un des plus robustes du continent. Ce que le président Emmanuel Macron y gagne aussi c’est un ami, lui qui a laissé beaucoup de plumes dans ses combats en Algérie et en Afrique de l’Ouest…

    En Afrique subsaharienne le désastre est tel que le premier partenaire de la France n’est pas un pays francophone, c’est le Nigéria. C’est dire à quel point les percées de Paris en Éthiopie sont précieuses. En termes d’influence et de « soft power » s’implanter dans le 2e pays le plus peuplé d’Afrique ça compte. S’il y a une nation qui guette cette agitation c’est bien le voisin et adversaire, l’Egypte, qui est également un grand ami de la France.

     

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