Sport

Le vrai problème des attaquants tunisiens, expliqué par Mouaouia Kadri

    L’ancien joueur du Club Sportif Sfaxien et analyste sportif Mouaouia Kadri a livré, ce lundi 12 janvier 2025, une analyse sans concession sur la rareté des attaquants prolifiques dans le football tunisien, lors d’une déclaration accordée à Tunisie Numérique.

    Selon lui, le poste de véritable attaquant buteur est devenu une “monnaie rare” en Tunisie, une situation qui s’explique avant tout par des lacunes structurelles dans la formation. Mouaouia Kadri estime que, dès les catégories des minimes, cadets et juniors, les jeunes attaquants ne bénéficient pas de la liberté nécessaire pour développer leurs qualités naturelles. Il souligne que les joueurs ayant un instinct de buteur et une certaine “forme d’égoïsme positif” sont souvent contraints par des consignes excessives de passes, ce qui limite leur capacité à contrôler le ballon, à prendre des initiatives et à gérer seuls des situations décisives devant le but.

    L’ancien joueur sfaxien insiste sur l’importance du travail spécifique et de la spécialisation dans la formation. Pour lui, il est essentiel de créer des situations d’entraînement proches des réalités du match, afin de distinguer clairement un attaquant appliqué et travailleur d’un autre moins investi. Cette carence dans le travail ciblé explique, selon lui, pourquoi le titre de meilleur buteur du championnat tunisien se joue souvent avec un total d’environ 13 buts seulement à la fin de la saison, un chiffre qu’il juge révélateur du problème.

    Mouaouia Kadri met également l’accent sur l’aspect mental. Il appelle à protéger les jeunes joueurs des critiques destructrices, à renforcer leur confiance et à travailler leur solidité psychologique. Il estime que le climat négatif et la pression excessive peuvent freiner l’éclosion de talents offensifs, alors que le football moderne exige des joueurs audacieux et sûrs d’eux.

    Par ailleurs, l’analyste sportif dénonce certaines pratiques observées dans les catégories de jeunes, où des joueurs aux capacités limitées sont parfois positionnés en attaque pour des raisons extra-sportives, tandis que des éléments plus talentueux sont replacés en défense afin d’éviter d’encaisser des buts. Une logique qu’il juge contre-productive et néfaste pour la progression globale du football tunisien.

    Pour Mouaouia Kadri, la solution passe par une véritable remise en question et une vision à moyen et long terme. Il appelle les responsables et les entraîneurs à tirer les leçons des erreurs passées, à faire évoluer les méthodes de travail et à laisser davantage de liberté créative aux jeunes joueurs, notamment aux attaquants. Il estime que c’est à ce prix que la Tunisie pourra de nouveau former des joueurs créatifs et décisifs, à l’image de Iskander Souayah, Ayadi Hamrouni ou, plus récemment, Youssef Msakni, qu’il considère comme un joueur d’exception grâce à sa capacité de dribble et à sa maîtrise technique.

    À travers ce constat, Mouaouia Kadri plaide pour une réforme profonde et réfléchie de la formation en Tunisie, estimant que seule une approche plus audacieuse, plus humaine et mieux structurée permettra de redonner au football tunisien des attaquants capables de faire la différence au plus haut niveau.

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