Société

Les femmes se plaignent d’être dénigrées après la Révolution

Le ministère des Affaires de la femme en partenariat avec la Commission nationale de la Réforme de l’Information et de la Communication a organisé aujourd’hui, à l’hôtel « El Mechtel »,  un colloque sur le thème « La Femme Tunisienne dans les médias après la révolution : entre visibilité et absence », en présence d’une majorité féminine.
Ce colloque a été ouvert par une allocution de la ministre des Affaires de la Femme, Mme Lilia Labidi qui a posé la problématique : « Depuis la révolution on constate que la femme était absente sur les médias : radio, télé, presse, qu’allons-nous faire ? » et en décrivant le rôle que la femme a joué pendant la révolution et son absence après le 14 Janvier.
Puis, M. Kamel Laabidi, Président de l’Instance nationale indépendante pour l’Information et la communication, a pris la parole pour inciter à la nécessité de renforcer, en collaboration avec les journalistes, l’optimisation de l’image de la femme.
M. Kamel a ajouté : «  Trois mois et demi ne sont pas suffisants pour soigner  nos blessures et pour tourner la page du passé, surtout que beaucoup de journalistes se plaignent encore de ne pas pouvoir faire leur travail comme ils veulent, ce qui est impératif pour avancer et atteindre le niveau des pays occidentaux. »
En revanche, M. Mokhtar Erassaa, PDG de la télévision tunisienne, a affirmé que la femme est présente à la télé  et que la majorité des journalistes de la télévision nationale sont des femmes et a ajouté qu’elles représentent 51% du peuple tunisien.
M. Errasaa a conclu son intervention en soulignant qu’il n’y a pas de raisons pour avoir des complexes d’être négligées ou ignorées.
Mme Eugénie Rokhaya du Sénégal, Directrice du Centre d’Etudes des sciences et techniques de l’Information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a flatté les tunisiens présents, en exprimant son adoration envers le niveau de la liberté de la femme en Tunisie, en disant : «  Vous êtes un modèle pour nous, on sait ce que vous avez fait … Vous défendez les droits des femmes, vous êtes un vent qui souffle partout. »
Par ailleurs, Mme Sofia Hammami,  journaliste-correspondante et membre de la Haute Instance pour la réalisation des Objectifs de la révolution, la réforme politique et la Transition démocratique,  s’est plainte de l’absence de la femme après la révolution dans le gouvernement et  la nomination des gouverneurs.
Mme Hammami a ajouté, et sans citer de chiffres, qu’en se basant sur les statistiques, pendant les émissions politiques télévisées, on remarque une faible présence des femmes et même lorsqu’elles sont présentes on leurs coupe souvent la parole.

Mme Amel Grami, docteur d’Etat et enseignant le Genre et l’Histoire des femmes à la faculté des Lettres, des Arts et des Sciences Humaines de la Manouba, a précisé « Quand la langue et un outil de réflexion, on disait pendant la révolution : les hommes de la Tunisie, les hommes de la révolution, président de la république, etc.».
Mme Grami a ajouté : «  Nous voulons exprimer notre souci, surtout que beaucoup de femmes dans les médias après la révolution n’ont pas pu imposer leurs programmations, nous avons besoin d’une présence plus efficace de la femme au niveau de sa participation dans la révolution afin d’éviter toute sorte d’objectivation de la femme et de la considérer seulement comme étant une cible électorale. »
Le colloque a connu aussi d’autres interventions d’enseignants, comme Fathia Saïdi, la docteur en sociologie et l’enseignante et chercheuse à l’Institut des Sciences Humaines et à l’IPSI, qui a parlé de l’action sociale de la femme sur facebook pendant la révolution.
M. Sanim Ben Abdallah est, pour sa part,  intervenu en parlant de l’image de la femme dans les médias post-révolution.

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