Les politiques tunisiens pensent-ils aux Tunisiens ?

Depuis les élections et dès les résultats préliminaires, à quoi jouent les hommes politiques tunisiens ?

Etre un élu du peuple implique des responsabilités vis-à-vis du peuple qui a voté librement.

Les Tunisiens assistent à des déclarations contradictoires des chefs de file des différents mouvements. « Je veux être Président, je ne veux pas être Président ». « Je veux tel ministère, non, c’est moi qui le veut ! » Certains, tels Mustapha Ben Jaafar d’Ettakatol et Moncef Marzouki du CPR, se battent pour la Présidence de la République alors que l’on ne sait même pas en quoi consistera la nouvelle fonction de ce Président !

Les réseaux sociaux s’enflamment à la moindre déclaration ou supposée telle. Le peuple tunisien se demande comment et par qui la Tunisie sera réellement dirigée et si les « objectifs de la Révolution » seront bien atteints !

Petit rappel de ces objectifs : diminution du chômage, amélioration des conditions de vie, dignité et liberté. Ce sont les vrais raisons qui ont fait descendre en masse les Tunisiens de toutes régions et de toutes classes sociales dans les rues. Et n’oublions pas que certains en sont morts !

Il semble exister d’importants différends entre Ennahdha, Ettakatol et le CPR. S’il s’agissait de problèmes liés aux objectifs de la Révolution, chacun pourrait les comprendre. Cependant, les individualismes semblent prendre le pas sur le bien public !

La Tunisie serait-elle revenue aux époques passées où il fallait trouver des solutions (souvent radicales) pour éliminer un adversaire ?

Actuellement, personne ne sait quel sera le choix de l’Assemblée concernant le contenu de la nouvelle Constitution, raison pour laquelle, les représentants ont été élus. Ce qui signifie que les individus qui se confrontent pour l’obtention d’un poste présidentiel ou ministériel se trompent de combat !

La Tunisie a besoin de stabilité compte tenu des situations économique et sécuritaire –les deux étant liées-, stabilité dans les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice afin de mener à bien les stratégies déjà mises en place. De plus, les ministères, durant cette période transitoire, devraient être dirigés par des technocrates et non des politiques toujours dans l’objectif de maintenir un équilibre au sein même des administrations tunisiennes.

Les élus ne devraient s’occuper que de la rédaction dans un délai raisonnable d’une nouvelle Constitution et non pas de savoir s’ils vont diriger le pays pour une nouvelle période transitoire, à moins qu’ils ne la considèrent déjà comme définitive

Serions-nous revenus à une autre forme de dictature ?

Et pendant que ces individus, déjà privilégiés, ne pensent qu’à leurs intérêts propres, le peuple tunisien se débat dans une situation économique qui se dégrade de jour en jour. Ainsi, la note de la Tunisie, après avoir été abaissée en janvier dernier, vient de connaître une nouvelle chute (BBB-), ce qui signifie que tous les emprunts que l’Etat tunisien aura l’obligation de faire sur les marchés internationaux coûteront encore plus chers à rembourser. Et qui paiera l’addition si ce n’est les Tunisiens eux-mêmes !

Certaines entreprises ont soit diminué leurs activités soit carrément fermé leurs portes. Le chômage va s’élever à environ un million de personnes.

Messieurs les politiques, pensez au peuple tunisien avant de penser à vos petites personnes !

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