Economie

Les répercussions de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie expliquées par Ezzeddine Saidane

Les répercussions de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie expliquées par Ezzeddine Saidane

L’économiste Ezzeddine Saidane a déclaré aujourd’hui à Tunisie Numérique que l’agence Moody’s a revu à la baisse la notation souveraine de la Tunisie qui était à B2 avec perspective négative et qui est passée à B3 avec perspective également négative.

Qu’est-ce que la notation souveraine ?

Selon l’expert, il s’agit d’une évaluation de la capacité d’un pays à continuer à honorer ses engagements financiers de façon normale et à rembourser sa dette extérieure.

Cette notation s’adresse aux institutions financières, aux investisseurs étrangers et aux entreprises qui font des échanges avec la Tunisie. Le message qui leur est envoyé de façon très claire maintenant consiste à dire : Si vous allez prêter à la Tunisie ou si vous allez investir en Tunisie ou si vous allez échanger avec la Tunisie, soyez avertis que la Tunisie représente aujourd’hui un risque élevé, a-t-il ajouté.

La notation souveraine de la Tunisie a été revue à la baisse 8 fois depuis 2011

Ezzeddine Saidane a rappelé que la notation souveraine de la Tunisie a été revue à la baisse 8 fois depuis 2011, ce qui est très grave, car cela revient à dire que la Tunisie n’a pas compris le message la première fois ni la deuxième ni la troisième… Peut-être qu’elle ne comprendra pas non plus le message cette fois-ci.

Si les choses continuent ainsi, la prochaine révision va forcément être de nouveau à la baisse, a-t-il averti précisant que la prochaine note serait dans la catégorie C.

Un pays dans la catégorie C est un pays qui ne peut pas accéder au marché international, qui ne peut pas emprunter et qui ne peut pas attirer des investisseurs étrangers. C’est tout simplement un pays qui commence à avoir des difficultés sérieuses au niveau de ses paiements, a-t-il expliqué.

Cette situation est extrêmement inquiétante, d’autant plus que la loi de finances de 2021 prévoit que la Tunisie à un service de la dette de 16,3 milliards de dinars.

D’après cette même loi, la Tunisie doit mobiliser de nouveaux crédits en devises à l’étranger pour l’équivalent de 13,1 milliards de dinars.

Avec une telle notation et une telle situation économique, politique, financière et sociale, la question qui se pose est comment la Tunisie va-t-elle pouvoir payer ces dettes et comment va-t-elle pouvoir mobiliser de nouveaux crédits, alors que ces agences de notation donnent une importance capitale à la situation politique (près de 50% de la note), s’est-il interrogé.

D’après l’économiste, la Tunisie a tout intérêt à accélérer le pas pour trouver une issue à une situation politique extrêmement grave pour pouvoir concentrer son temps et ses efforts à sauver son économie.

Qu’est-ce qui arriverait si la Tunisie n’arrive pas à mobiliser les fonds nécessaires pour rembourser ses dettes extérieures ?

Si la Tunisie rate les échéances de la dette extérieure, elle va être invitée à ce qu’on appelle « le club de Paris » et elle va se trouver obligée d’expliquer aux institutions étrangères comment elle compte faire pour rembourser ses crédits.

Si ses réponses ne sont pas convaincantes, ce sont les créanciers qui vont lui donner les instructions qui lui permettront de sortir de cette situation difficile, ce qui représente un danger pour ce que nous avons de plus précieux, à savoir : la souveraineté du pays.

 

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