Politique

Les tunisiens en choeur “Qui a tué Chokri Belaid?”

“Et par le pouvoir d’un mot nous recommençons notre vie. Nous sommes nés pour te connaître, pour te nommer liberté” disait Paul Eluard.

Il portait le culte de la liberté et il est mort en homme libre redonnant aux tunisiens leur liberté. Chokri Belaid le martyr, le leader.

A cet homme au courage indicible, les tunisiens ont rendu un vibrant hommage à l’occasion du quarantième jour de sa mort.

Ils se sont tous soulevés aujourd’hui pour un seul homme, Ils étaient par milliers. Des partisans du front populaire, du parti des patriotes démocrates unifié, des partis démocratiques ainsi que des membres de la société civile comme pour lui  dire qu’ils peuvent censurer l’expression mais pas la liberté, qu’ils peuvent tuer le révolutionnaire mais pas la révolution.

Partant du cimetière d’ “El Jellaz” et déambulant le long de l’Avenue de Carthage, les manifestants ont défilé jusqu’à la principale artère de la ville, l’avenue Habib Burguiba.

Une cérémonie empreinte d’émotion qui a pris tour à tour les accents d’une manifestation anti-islamiste et d’une vérité qui reste à ce jour inconnue et que tous appellent de leur vœux.

“Ghannouchi assassin”, le peuple veut l’assassin de Chokri Belaid”, “martyr, de ton chemin on ne déviera pas” scandaient en chœur les manifestants.

Et elle de son chemin, du chemin de la lutte elle ne déviera pas, la veuve de Chokri Belaid qui a triomphalement et ostensiblement repris le flambeau de son mari. Tressaillante, elle a pris la parole afin de rappeler le parcours de l’homme inaliénable que fût Chokri Belaid et surtout pour réclamer la vérité autant sur l’exécuteur que sur les commanditaires de cet acte odieux et barbare car l’assassinat du leader du front populaire demeure politique par excellence. Les quelques bribes distillées par l’ancien ministre de l’intérieur et actuel chef du gouvernement Ali Lâaryedh ne sauront suffire au peuple tunisien, il l’a redit pour la énième fois, cahin-caha et même si on cherche à l’aveugler, le peuple tunisien n’est plus dupe et veut que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de Chokri Belaid. Un assassinat sur le quel les révélations se font par parcimonie, un assassinat où tout devient sujet à caution tellement l’opacité y règne en maître mot, comme si on cherche à heurter ceux qui effleureront l’implication d’une quelconque partie politique; le juge d’instruction à dû officiellement convoquer Ali Lâaryedh pour une audition après qu’il ait ignoré la première convocation officieuse.

La manifestation d’aujourd’hui où les conditions de sécurité, et une fois n’est pas coutume, ont été respectées à la lettre, avait une tonalité de colère: colère contre l’obscurantisme et la violence, mais elle était avant tout un hommage à un homme dont l’âme flotte toujours quelque part parmi nous et dont la voix a fini par transcender tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à le liquider.

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