L’historien américain Alfred McCoy affirme que les États-Unis traversent aujourd’hui une phase avancée de déclin impérial, marquée par des comportements qu’il juge comparables à ceux d’autres grandes puissances sur le déclin au cours de l’histoire contemporaine. Selon lui, ce recul progressif s’accompagne d’une irrationalité croissante, aussi bien sur le plan international que sur le plan politique interne.
Dans son analyse, Alfred McCoy rappelle que l’histoire des cent dernières années offre des enseignements clairs sur la trajectoire des empires en perte de puissance. Il explique que ces empires sont généralement confrontés à deux phénomènes récurrents. Le premier concerne la politique étrangère, avec ce qu’il qualifie de « micromilitarisme ». Les puissances en déclin, selon lui, multiplient les interventions militaires à l’étranger dans l’espoir de restaurer une influence mondiale qui leur échappe progressivement. Ces déploiements, loin d’inverser la tendance, traduisent surtout une incapacité à accepter l’érosion de leur domination.
Le second phénomène touche à la sphère intérieure. Alfred McCoy souligne que pratiquement tous les empires déclinants du siècle dernier ont connu de profondes crises politiques internes. Il cite notamment l’exemple de l’empire soviétique, mais aussi celui de l’empire espagnol et d’autres grandes puissances historiques, qui ont été confrontées à des coups d’État, des tensions institutionnelles et une instabilité durable au moment où leur influence internationale s’effondrait.
Selon l’historien, les États-Unis présentent aujourd’hui des signes similaires. Il observe une vie politique de plus en plus polarisée et qu’il qualifie de « contorsionnée et irrationnelle », un climat qui, d’après lui, reflète les contradictions d’un empire en perte de repères. Cette irrationalité serait particulièrement visible dans la conduite des affaires internationales, où les choix stratégiques apparaissent de plus en plus déconnectés des réalités géopolitiques.
Alfred McCoy estime que ce processus n’est pas immédiat, mais s’inscrit dans le temps long. À ses yeux, le déclin de la puissance américaine pourrait encore s’étendre sur une période de dix à vingt ans, avant que l’influence globale des États-Unis ne s’amenuise de manière définitive. Il invite ainsi à considérer les tensions actuelles non comme des anomalies passagères, mais comme les symptômes d’une transformation structurelle de l’ordre mondial.
Cette lecture historique relance le débat sur la place future des États-Unis sur la scène internationale et sur l’émergence progressive d’un monde multipolaire, dans lequel la puissance américaine ne serait plus dominante, mais une force parmi d’autres.
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