Monde

Libye 2011/ Irak 2003 : Les 10 points de divergence

Voici les différences entre l’invasion de George W. Bush de l’Irak en 2003 et l’actuelle action des Nations Unies en Libye :

1. L’action en Libye a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Celle en Irak ne l’était pas. Par la Charte des Nations Unies, après 1945,  toute action militaire devrait être soit de l’auto-défense soit suite à l’autorisation du Conseil de sécurité. La plupart des pays dans le monde sont signataires de la charte et sont liés par ses dispositions.

2. Le peuple libyen s’était levé et a rejeté le régime de Kadhafi, avec quelques 80 à 90% du territoire ayant échappé à son contrôle ; il a ordonné à ses chars  de lancer des obus sur une foule pacifique. C’est cette grande majorité du peuple libyen qui a demandé à l’ONU d’instaurer une zone d’exclusion aérienne. En 2002-2003, il n’y avait pas de mouvement populaire semblable contre Saddam Hussein.

3. Les massacres de civils en cours, et la menace d’en perpétrer davantage à Benghazi, par le régime Kadhafi, ont précipité la résolution du CSNU ; alors que le régime de Saddam Hussein n’en avait pas commis en 2002-2003, ce qui aurait justifié une intervention internationale.

4. La Ligue de Etats arabes a exhorté le Conseil de sécurité de prendre des mesures contre le régime de Kadhafi et, à bien des égards, précipité la résolution 1973. La Ligue arabe s’était réunie en 2002 et  avait exprimé son opposition à la guerre en Irak. (La Ligue arabe et Amr Moussa, son Secrétaire général, ont critiqué la frappe des batteries anti-aériennes. La Ligue arabe a réaffirmé dimanche et Moussa a approuvé lundi, que seule une zone d’exclusion aérienne était demandée).

5. Aucun des alliés des Nations Unies n’envisage de débarquer ses troupes sur le terrain et le Conseil de sécurité ne l’a pas autorisé. L’Irak a été envahi par des forces terrestres.

6. Pas de fausses allégations formulées contre le régime de Kadhafi, d’être de connivence avec Al-Qaïda ou d’avoir un programme d’armes nucléaires. La charge est le massacre de manifestants civils pacifiques et le soupçon d’en commettre davantage.

7. Les États-Unis n’ont pas pris le rôle de premier plan pour exiger une zone d’exclusion aérienne et ont été entraînés dans cette action par ses alliés arabes et européens. Le président Obama s’engage à ce que le rôle des États-Unis, se limite principalement à la désactivation des batteries anti-aériennes et des pistes de décollage, et durera “des jours, pas des mois” avant d’être remis à d’autres alliés des Nations Unies.

8. Il n’y a pas de dimension sectaire ou ethnique dans le conflit libyen, tandis que le Pentagone a comploté avec les chiites et les partis kurdes pour renverser le régime à dominante sunnite baasiste en Irak, ouvrant la voie à une longue et amère guerre civile.

9. Les États-Unis n’ont pas récompensé les pays comme la Norvège pour entrer dans le conflit comme alliés de l’ONU, mais c’est plutôt un véritable sentiment d’indignation, face à des crimes brutaux contre l’humanité commis par Kadhafi et ses forces, qui a poussé la formation de cette coalition. Du temps de l’administration Bush, une «coalition des volontaires» a souvent été formée par ce qui était essentiellement des pots de vin.

10. L’Irak en 2002-2003 ne représentait plus une menace crédible pour ses voisins. Une résurgence de Kadhafi en Libye, avec les milliards de dollars de recette du pétrole à sa disposition, serait probablement une menace visant à saper les expériences démocratiques en Tunisie et en Egypte, et à massacrer des millions de vies humaines.

Source : www.juancole.com

informed COMMENT Thaughts on the middle east history and religion

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Copyright © 2020 Tunisie Numerique

Haut