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Libye-Turquie : 3 visites en 2025, Erdogan lâche Dbeibah en échange du port de Benghazi et du gaz en Méditerranée

Libye-Turquie : 3 visites en 2025, Erdogan lâche Dbeibah en échange du port de Benghazi et du gaz en Méditerranée

    Depuis la disparition tragique – une tragédie nationale – du Guide libyen Mouammar Kadhafi la Libye prend sacrément des allures de gâteau, et tout le monde veut en croquer. Le Qatar a dégainé en proposant de financer la relance du processus politique. Une offre dont on ne connait pas tous les soubassements, ce qu’on sait c’est que le projet n’est pas sans écueils et sans risques ; d’ailleurs les premières réactions sont négatives. Ce qu’on sait aussi c’est que les Qataris sont mus avant tout par leurs intérêts, comme du reste tous les autres grands acteurs me direz-vous. La Turquie en fait partie…

    C’est bien connu, le président Recep Tayyip Erdogan mange à tous les râteliers : USA, Russie, Ukraine, Europe, Afrique, Syrie, etc. Ankara est solidement implanté en Libye, mais on le comptait plutôt dans les rangs du gouvernement d’union nationale (GUN), reconnu par la communauté internationale et piloté par Abdel Hamid Dbeibah. Les temps changent, Erdogan fait mouvement vers le pouvoir niché dans l’Est libyen, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar, le grand rival du GUN domicilié à Tripoli.

    C’est la troisième visite du fils du maréchal, le général Saddam Haftar, en Turquie cette année. Rappelons que l’homme a été catapulté n°2 de l’Armée nationale libyenne (ANL) en août 2025, donc premier dans l’ordre de succession de son papa. Une succession dynastique, c’est le projet politique que propose l’homme fort de l’Est libyen, comme les pays du Golfe. Mais pour Erdogan l’essentiel est ailleurs : le business.

    Ankara ne veut plus être perçu uniquement comme le parrain de l’Ouest libyen, il veut « diversifier son portefeuille ». Et ça passe par un pacte avec la force qui est assise sur la majeure partie du territoire libyen, avec son lot de richesses naturelles : l’ANL. Erdogan lorgne des positions juteuses en Méditerranée et en Afrique centrale, donc passage obligé par le maréchal Haftar.

    D’après un communiqué de l’ANL, les deux parties ont évoqué la stabilité et «la coopération militaire entre les deux pays face aux défis sécuritaires» dans la région. Ce que le document évoque moins c’est l’activisme secret des Turcs pour mettre la main sur le port de Benghazi afin d’exporter leurs marchandises vers les pays d’Afrique centrale.

    Et puis il y a tous les autres développements entre les deux parties ces derniers mois, des accords économiques en cascade avec pour point focal le gaz en Méditerranée, que contrôle de fait le maître de l’Est libyen. La Turquie ambitionne d’être le plus gros investisseur dans ce secteur ; le maréchal Haftar s’y opposait farouchement par le passé, le ton a changé. Tant que l’ANL touche ses royalties…

     

     

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