Economie

L’Institut tunisien des études stratégiques – les Prix élevés présagent de mouvements sociaux défavorables : l’augmentation des salaires est la solution

L’Institut tunisien des études stratégiques a organisé ce mercredi, 21 novembre 2018, une réunion-débat sur l’évolution de l’indice des prix et son impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans une déclaration à Tunisienumérique, M.Néji Jalloul, président de l’Institut a souligné que les indicateurs du coût élevé du pouvoir d’achat présagent de mouvements sociaux alarmants. Monsieur Jalloul a insisté sur le fait que la détérioration du pouvoir d’achat a atteint 40 % pour plusieurs produits de consommation grand public, incluant le charbon, les médicaments, les fournitures scolaires et les produits d’entretien.

Il a rappelé qu’il y avait un million 700 milles pauvres en Tunisie et qu’il fallait prendre un ensemble de mesures pour juguler l’inflation qui a atteint 7.5 % et contrôler la fluctuation du dinar. Il a ajouté que l’Institut tunisien des études stratégiques propose l’augmentation des salaires comme solution à ce problème national.

Dans le même contexte Tarek Ben Jazia, directeur général de l’Institut national de la consommation, a souligné qu’il y avait un baisse du pouvoir d’achat du citoyen tunisien et que l’ajustement des prix n’a pas été égalé de manière adéquate par une augmentation des salaires ni par les revenus des familles tunisiennes.

Le déclin du pouvoir d’achat est le résultat d’autres facteurs dont le changement des modèles de consommation et le volume des dépenses de la santé et de l’éducation, a ajouté Ben Jazia, qui a mis l’accent sur une baisse des dépenses alimentaires de 26 %, indiquant qu’il est nécessaire de mettre en place des politiques publiques sectorielles afin d’ améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs saisonniers, de les intégrer dans le système de sécurité sociale et de prendre en charge les familles nécessiteuses.

Il a aussi indiqué qu’il est nécessaire de restructurer les parcours spéciaux de distribution, surtout au niveau des marchés de gros.

Notre interlocuteur a souligné le besoin de réexaminer la politique du logement qui ne permet plus au Tunisien d’accéder à la propriété, vu que les ménages sont tenus à un taux de 11.7 fois de leur revenu annuel pour pouvoir acquérir une habitation.

Le coût du transport, l’acquisition de voitures et le prix des traitements dans les cliniques privées, ont aussi affecté le budget des Tunisiens selon Tarek Ben Jazia. L’augmentation de l’endettement des ménages a atteint 117 %, en l’occurrence 23.3 milliards de dinars en juin 2018. Il a considéré ce chiffre très élevé par rapport au taux d’épargne qui est passé de 12 % à 6 % rendant ardu le maintien de l’indice de consommation de 8 à 9 %.

Le directeur général de l’I.N.C a ajouté que l’augmentation des salaires peut contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat, mais que ce n’était pas la solution finale du problème.

De son côté , le directeur central des statistiques conjoncturelles à l’I.N.S a affirmé que le taux d’inflation s’est étendue à des niveaux très élevés, atteignant 7.4 % au cours du mois d’octobre, indiquant que les facteurs responsables de la hausse sont les produits alimentaires: 6.8 % en moyenne (la viande a augmenté de 16 % , le lait et ses dérivées de 11 %).  Les matériaux de construction ont été majorés à hauteur de 17 % et les prix des carburant de 13.4 %. Pour lui, l’inflation résulte des prix élevés au niveau mondial et au dérapage du dinar.

 

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