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L’INT s’explique sur la campagne « #Sayeb_L’internet»

Suite à la campagne lancée sur les réseaux sociaux et relayée par certains médias à propos de la qualité de service internet en Tunisie, l’Instance Nationale des Télécommunications tient à clarifier quelques points concernant le rôle du régulateur par rapport à ce sujet.

Absolument consciente que la protection des droits du consommateur est un pilier de la régulation, l’INT martèle la nécessité de garantir une qualité de service internet basée sur la transparence et l’équité vis-à-vis tous les abonnés, vu les grands enjeux liés à ce sujet hautement sensible. En effet, la satisfaction des besoins essentiels du consommateur est un droit et c’est dans ce sens que l’INT se veut d’être un régulateur au cœur et au service des aspirations des consommateurs. Ainsi, L’INT tient à préciser qu’une commission nationale chargée de la qualité de service internet a été créée au mois de Mai 2015, elle regroupe les différents organismes et associations œuvrant dans le domaine de la protection du consommateur ainsi que les différents acteurs du secteur, afin de définir les indicateurs de  QoS à satisfaire.

Garantir une qualité de service optimale pour tous est désormais une condition fondamentale et indispensable pour promouvoir la concurrence. Les opérateurs, doivent, par l’écoute des attentes évolutives de leurs abonnés, s’orienter vers l’amélioration de leur qualité de service sous réserve de garantir la transparence et la visibilité aux abonnés.

L’INT veille  à ce que les utilisateurs finaux aient une perception optimale de la qualité. C’est dans ce sens que des campagnes de mesures et d’évaluation régulières de la qualité de service des réseaux radio mobiles 2G et 3G sont entreprises par l’INT qui informe les opérateurs concernés des défectuosités  et dysfonctionnements constatés et les invite à se conformer, aux critères requis. L’Instance publie les résultats des mesures sur son site web et sa page Facebook afin d’assurer une transparence totale vis-à-vis des consommateurs.

L’INT a également entamé une enquête d’opinion sur l’opportunité d’introduire la 4G en Tunisie et cette enquête a montré que sur les 2500 personnes interrogées dans 28 délégations appartenant à 7 gouvernorats différents, plus que 35% ne sont pas satisfaites par la qualité du réseau actuel 3G et  97 % ont annoncé qu’elles vont probablement utiliser la 4G au lieu de la 3G. Ceci étant, l’INT est à l’écoute des consommateurs et s’engage à déployer tous les efforts et les moyens nécessaires pour appréhender leurs préoccupations.

Il est pertinent de rappeler que le débit pour les réseaux 3G est un débit partagé entre les utilisateurs et c’est pour cette raison qu’il ya une différence entre le débit théorique et le débit réel. Le débit pour la 3G est relatif parce qu’il est réparti entre tous les utilisateurs connectés. Aux heures de pointes, le débit moyen est très limité.

De plus, la QoS indoor de la 3G est assez limitée, c’est bien entendu attribuable aux phénomènes physiques de propagation, à la nature de modulation utilisée en 3G et au planning de déploiement du réseau par les opérateurs, qui devraient tenir compte de la carte du trafic.

Il est important de noter qu’aujourd’hui plus de 397 opérateurs de 138 pays dans le monde déploient la 4G sur leurs infrastructures. Le déploiement de la 4G en Tunisie va certainement améliorer les dynamiques commerciales, permettre un gain de débit important puisqu’il va être multiplié au moins par 7 par rapport à la 3G et offrir une meilleure optimisation du réseau pour une meilleure qualité de service. L’utilisation de la bande 800 MHz va permettre une meilleure couverture et une meilleure pénétration. Une grande partie des problèmes de QoS indoor (à l’intérieur des bâtiments) sera résolue.

Il convient finalement de préciser que normalement, la 3G devrait être un complément pour l’ADSL mais pour le cas spécifique de la Tunisie, la 3G est le substitut de cette dernière, le taux de pénétration s’élève à 52,5% alors que le taux de pénétration de l’ADSL est inférieur à 17%. Ce taux faible de pénétration de l’ADSL est dû à plusieurs problèmes: le client est face à deux interlocuteurs, il a  deux factures à payer, le prix est élevé par rapport à la data mobile, parfois il ya un manque de synchronisation entre FSI et opérateur, l’absence d’offre d’ADSL “nu” (le client doit avoir une offre de téléphonie fixe pour avoir l’ADSL)… Il est aussi important de signaler que le blocage du projet du dégroupage total de la boucle locale par l’opérateur historique,  freine les autres opérateurs de se lancer sur le créneau d’accès Internet via l’ADSL et limite la concurrence sur ce secteur en orientant les utilisateurs vers des offres d’accès à Internet via la 3G. L’Instance est entrain d’œuvrer avec le ministère des technologies de la communication et de l’économie numérique pour pallier à ces problèmes et trouver des solutions radicales.

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